imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Le fret maritime au plus bas

Le 03 octobre 2012 par Daniel Krajka


Le transport de produits secs en vrac subi le ralentissement de la croissance de la sidérurgie chinoise et la conséquence de livraisons pléthoriques de vraquiers commandés.

 

Le fret maritime sec en vrac – représenté par le Baltic Dry Index –, l’acier et le minerai de fer ont été les trois commodités dont les prix spot ont subi les plus fortes baisses en 2012 avec des chutes supérieures à respectivement 50%, 30% et 25%. La faiblesse de ces trois produits reflète le rôle dominant joué par la Chine dans leur demande globale, explique l’analyste de Deutsche Bank, Michael Lewis. Avec une production d’acier supérieure à 45% de l’offre mondiale, les importations chinoises ont représenté pas moins de 60% du commerce mondiale du minerai de fer transporté par mer, un pourcentage supérieur à celui des autres matières premières. Conséquence, aucune autre matière n’a subi de destruction de la demande plus brutale que le minerai de fer suite au ralentissement de la croissance de la Chine. 






 






 
Mi-septembre le Baltic Dry Index, qui synthétise les tarifs du fret sec en vrac sur les différentes routes et dans différentes tailles de vraquiers, était tombé sous les plus bas record touché en 2009 lors de la Grande Récession. Les tarifs sont mêmes tombés en-dessous des coûts des armateurs sur certaines routes pour certaines catégories de bateaux, depuis maintenant plusieurs mois. 
 
Selon la banque allemande, il y a une corrélation certaine entre des exportations asiatiques et l’évolution de l’indice, qui s’est vérifiée lorsque la croissance des ventes asiatiques au reste du monde a commencé à ralentir en 2010. L’évolution de l’indice de confiance des milieux d’affaires aux Etats-Unis précède d’environ six mois celui des exportations asiatiques. Il faudra donc attendre une amélioration de l’ISM pour que les exportations asiatiques, et donc les tarifs du fret maritime commencent à se redresser. 
 
Mais la faiblesse actuelle des cours du fret maritime a été avant tout provoquée par l’arrivée sur le marché d’une multitude de nouveaux vraquiers commandés lorsque la demande chinoise semblait inextinguible, avant 2008-2009. En 2012, les livraisons de nouveaux bateaux devraient encore croître de 13% alors que la demande ne dépasse pas les 4,6%, indique Michael Lewis. En 2013 cependant, les livraisons ne devraient s’apprécier que de 5,7% estime la banque allemande, son plus bas niveau depuis six ans, avant de tomber à 2,7% en 2014. 






 







 
Avec des tarifs du fret déprimés et des conditions financières très dures, les compagnies de transport maritime ont fortement réduit leurs commandes aux chantiers navals. Selon Clarkson Research, seulement 10,6 millions de tonnes (Mt) ont été commandées lors des sept premiers mois de l’année (27% de ce qui avait été commandé en 2011). La mise au rebut des vieux vraquiers a également été accélérée. En sept mois, ce sont 18,3 Mt qui ont été démantelé, soit 2,8% de la flotte totale des vraquiers. Un navire de taille capesize de 150 000 tonnes vieux de 19 ans part actuellement pour 7,9 millions de dollars, a calculé Deutsch Bank qui table sur une mise à la ferraille de 30 Mt en 2012. 
 
Le tarif du fret pourra difficilement tomber plus bas que le niveau actuel car les compagnies maritimes sont dans le rouge, constate Michael Lewis. Si les chances d’un rebond de la demande sont faibles, un nouveau plan de stimulation de l’économie en Chine pourrait stabiliser la situation du fret. Un récent rapport de Citigroup prévoit que les livraisons de minerai de fer vont augmenter de 15% au second semestre par rapport au premier. Une autre étude de Standard Chartered estime que les sidérurgistes chinois seront toujours plus dépendants du minerai de fer importé en raison de la baisse de teneur du minerai produit localement – 20% de métal contenu contre environ 60% en Australie ou au BrésilFE. La banque prévoit également que la demande d’acier chinoise devrait encore progresser jusqu’en 2025, avec les industries manufacturières remplaçant progressivement le BTP comme utilisateur principal. 
 
La baisse des livraisons de nouveaux vraquiers, les délais demandés par les armateurs pour les recevoir et les massives mises au rebut de vieux bateaux vont contribuer à rééquilibrer le marché. Les tarifs du fret maritime en vrac devraient se reprendre durablement en 2013, conclut l’analyste de la banque allemande.

Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS -