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Du dynamisme ivoirien

Le 05 février 2008 par Rédaction L'Usine Nouvelle

Introduite en décembre dernier sur l'Euronext, la Simat connaît une croissance au-delà de ses espérances.




Première entreprise africaine cotée sur l'Euronext Paris, la Société ivoirienne de manutention et de transit (Simat) peut s'enorgueillir de n'avoir pas raté son entrée, se félicitait ce matin Samuel Maréchal, le secrétaire général d'Europe finance et industrie, spécialiste de l'introduction en bourse. Entre le 21 décembre 2007, date de l'introduction du titre, et le 23 janvier, l'action s'est appréciée de 4,38 à 16,90 euros, une augmentation de 286 %, gagnant même 9,85 % le « lundi noir ». Depuis, indique Maréchal, « l'action reprend son souffle », clôturant le premier février à 14,35 euros.

Créée en 2001 par Stéphane Eholié, son actuel directeur général, la Simat est devenue en quelques années le numéro trois de la manutention en zones portuaire et aéroportuaire en Côte d'Ivoire derrière SDV-Saga du groupe Bolloré et la Sivom (Société ivoirienne d'opérations maritime), réalisant en 2007 un chiffre d'affaires de 6,3 milliards de francs CFA (9,6 millions d'euros) et un résultat net de 300 millions de francs CFA (457 000 euros). Le « petit Bolloré », comme Eholié se plait à nommer sa société, traite avant tout de marchandises telles le riz, la noix de cajou ou le teck ; mais c'est surtout le cacao, avec plus de 120 000 tonnes ayant transité dans ses entrepôts - soit près de 10 % de la production du premier pays cacaoyer -, qui représente le principal poste. Une activité qui pourrait croître de 20 à 30 % en 2008 par effet d'éviction, précise Eholié. Par ailleurs, la Simat s'est illustrée en ramenant en France les déchets toxiques du Probo Koala déversés clandestinement dans les décharges d'Abidjan en août 2006.

Cependant, l'ambition de la Simat ne s'arrête pas à la croissance interne. La société est devenue le transitaire du Programme alimentaire mondial de l'ONU pour la Côte d'Ivoire ; un contrat majeur, d'une durée d'un an reconductible, portant sur 35 000 à 45 000 tonnes de nourriture, indique Eholié. Enfin, par un courrier du 30 janvier dernier, le Port autonome d'Abidjan s'est prononcé en faveur de la Simat pour gérer son terminal à engrais. Une grosse affaire, se félicite Eholié, qui permettrait un doublement du chiffre d'affaires total d'ici à 2009. Un contrat qui nécessitera un investissement de 8 à 10 millions d'euros pour le financement des études environnementale et de génie civil, le dragage du chenal et le renforcement des quais. Une opération qui pourrait commencer dès la fin du premier semestre.

Ce succès doit beaucoup à l'entrée en bourse qui a permis à la Simat d'accroître sa notoriété et de renforcer sa crédibilité internationale dans un secteur où les multinationales font loi, explique Eholié. « Cette performance a été possible grâce à la confiance de nos (anciens) clients et à l'arrivée de nouveaux » de plus en plus nombreux en très peu de temps. Un succès qui a cependant son revers du fait du manque de capacités de stockage et du trop plein de marchandises au fur et à mesure des reprises de concessions. De fait, la construction de nouveaux magasins et locaux est prévue dès cette année à San Pedro - deuxième port ivoirien et principale place de transit du cacao - sur une superficie de 25 000 mètres carrés ainsi qu'à Abidjan (1 800 mètres carrés) afin de répondre aux nouvelles demandes.

« Nous montrons ainsi qu'une PME totalement africaine pouvait faire son trou et offrir une belle opportunité d'investissement à la communauté financière internationale. Et que la Côte d'Ivoire, même en crise, et plus généralement l'Afrique, regorge de sociétés pouvant avoir une valorisation boursière sur la base des critères universels de rendement, de chiffres d'affaires, de la stratégie adoptée. Il faut croire en l'Afrique, il faut croire en l'Africain, il faut croire en moi », conclut Stéphane Eholié.

Pascal Coesnon

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