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La sidérurgie ukrainienne résiste

Le 23 juillet 2014 par Daniel Krajka


Les combats qui opposent l'armée ukrainienne aux forces séparatistes dans l'est du pays n'ont pas entraîné d'effondrement de la production d'acier du pays.


L'industrie lourde de l'Ukraine est concentrée dans le Donbass – le bassin houiller du Donets –, la région de l'Est qu'elle partage avec la Russie et qui comprend les oblasts de Donetsk et de Louhansk. Malgré les affrontements meurtriers entre des unités de l'armée ukrainienne et des forces séparatistes soutenues par la Russie, l'activité ne s'est pas effondrée. Les directions des grandes entreprises locales, gardant une apparente neutralité dans le conflit, ont, avec un certain succès, préservé le niveau de production.

 

Les derniers chiffres publiés par Worldsteel indiquent que la production sidérurgique du pays a certes baissé, mais bien moins qu'à la suite de la crise financière de 2008-2009. En juin 2014, la production d'acier s'est établie à 2,564 millions de tonnes, en recul de 6% par rapport à l'année précédente. Sa production pour le premier semestre a baissé de 6,9% à 15,473 Mt. En comparaison, au plus fort de la crise financière, la production sidérurgique avait plongé sous les 1,6 Mt en novembre 2008, ayant été réduite de plus de moitié sur un an.

 

Le recul de la production d'acier correspond donc plus à des perturbations générales et à un recul global de la croissance qu'à un arrêt de l'activité dans l'est du pays. Le premier groupe sidérurgiste intégré d'Ukraine, Metinvest, qui appartient à Rinat Akhmetov, annonce même une hausse de 6% de sa production d'acier au deuxième trimestre 2014, à 3,08 Mt, par rapport à l'année précédente. La forte augmentation de la production d'aciers plats a plus que compensé la réduction de celle d'aciers longs. L'entreprise indique que le conflit a juste entraîné le transfert d'une partie des salariés de son siège, qui est à Donetsk. 

 

Un article du New York Times, reproduit sur le site de Metinvest (http://www.metinvestholding.com/en/press/articles/show/2926), explique que la ville de Marioupol – dans l’oblast de Donetsk- , où se trouve le complexe sidérurgique Ilyich Steel Works, est sous la protection de patrouilles armées, composées d'ouvriers en uniforme de l'usine. C'est le directeur du site, Yuri Zinchenko, qui a organisé ces patrouilles à la suite d'affrontements armés entre la police ukrainienne et des séparatistes. Depuis, l'ordre règne à Marioupol, une ville portuaire d'un demi-million d'habitants, et la production d'acier ne ralentit pas. Ce que confirme une autre société appartenant à Rinat Akhmetov, DTEK. Ce producteur d'énergie et de charbon ukrainien compte doubler ses exportations de charbon thermique sur le marché méditerranéen, en particulier vers la Turquie. Les affrontements ne nous ont pas fait rater "un seul contrat", a souligné Andrei Favorov, le directeur commercial du groupe.

 

La sidérurgie ukrainienne est très exportatrice

 

En 2013, l'Ukraine a exporté 75% de sa production de produits sidérurgiques, indique Dimitri Popov, un analyste du consultant CRU. En volumes, l'Ukraine se situe au 7e rang mondial parmi les exportateurs du secteur. Pour les demi-produits, l'Ukraine est le 1er exportateur de billettes et le 4e de brames. Si son premier acheteur de billettes est la Turquie, la Russie a reçu 35% de ses ventes d'acier à béton. Globalement, la Russie est un client majeur, le deuxième derrière la Turquie. Les deux pays représentent respectivement 13% et 16% des exportations ukrainiennes de fer et d'acier, devant l'Egypte (8%). Mais c'est l'Europe qui est la principale destination des exportations ukrainiennes, avec 28%, dont 10% pour la seule Italie.

 

Les exportations ukrainiennes ont bénéficié en 2014 de la forte dépréciation de la monnaie locale. Il y a un an, il fallait 8 hryvnias pour 1 dollar, il en faut actuellement 11. Toutefois, la sidérurgie russe, souvent concurrente de l'ukrainienne sur les marchés à l'exportation, a également profité d'une importante dépréciation du rouble. La perte des marchés russes pourrait être compensée par une hausse des ventes à l'Ouest, surtout si les relations économiques se détériorent entre la Russie et l'Europe. Une perspective que beaucoup d'analystes repoussent en raison des coûts économiques pour les deux parties.


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