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La sidérurgie mondiale toujours en surcapacité

Le 20 janvier 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


La production et la consommation d'acier vont progresser à un rythme modéré au cours des trois prochaines années malgré un ralentissement en Chine. La sidérurgie européenne restera plombée par ses surcapacités.


La banque suisse UBS a légèrement abaissé ses prévisions de croissance de la demande apparente mondiale d'acier pour 2014 à 3,6% contre 4,1% précédemment. La consommation de la Chine pourrait encore ralentir, mais la demande devrait accélérer en Inde et en Amérique Latine et se redresser en Amérique du Nord et en Europe. Globalement la consommation apparente devrait grimper de 1605 millions de tonnes (Mt) à 1663 Mt en 2014, estime UBS.



La banque suisse a également revu en légère baisse ses prévisions de croissance de la production à 3,6% en 2014 contre 4,1% précédemment. La plupart de la production additionnelle viendra d'Asie du Sud-Est avec l'ouverture de nouvelles aciéries en Corée et en Indonésie. La production d'acier atteindrait ainsi 1662 Mt en 2014, en hausse de 58 Mt par rapport à l'année précédente.



Rééquilibrage du marché chinois de l'acier

En novembre 2013, le gouvernement chinois a durci sa position concernant l'élimination des capacités obsolètes et polluantes. La réduction de capacités de 6,5 Mt en 2013 devrait atteindre 80 Mt d'ici à 2017 si l'objectif du gouvernement est réalisé. Le résultat des mesures anti-pollution sera facilité par la très mauvaise situation financière de nombreuses petites aciéries. Selon les analystes de la banque suisse, le rythme de construction de nouvelles capacités devrait fortement ralentir, de 70 Mt en 2013 à 18 Mt en 2014 puis 8 Mt en 2015 et 2016. Bien qu'estimant que l'objectif de fermetures pour 2014-2016 ne sera réalisé qu'à 40% – et concentré sur les produits longs –, UBS table sur un rééquilibrage du marché chinois en 2016 avec un taux d'utilisation des capacités de 88,2%, suffisant pour soutenir les prix de l'acier. La banque suisse n'attend plus les capacités du pays au-dessus du symbolique milliard de tonnes en 2016 mais à 940,5 Mt.

Le ralentissement de la construction de nouvelles capacités et la fermeture des plus obsolètes vont participer au redressement progressif du taux global d'utilisation des capacités de production d'acier. Tiré par la Chine il repassera au-dessus des 80% en 2016. Toutefois, hors de la Chine, il ne dépassera que de peu les 75%. Les analystes ont calculé que l'écart entre offre et demande allait atteindre en moyenne 440 Mt pour la période 2013-2016. Pour regagner un pouvoir sur la fixation des prix, un taux d'utilisation global des capacités de 80% est nécessaire. Ce sont 66 Mt de fermetures qui devraient alors être réalisées.



La sidérurgie européenne toujours en difficulté

Si l'on cherche des signaux positifs, il ne faut pas les chercher dans la sidérurgie européenne, prévient Carsten Riek, un analyste d'UBS. La remise en activité en 2014 de certaines usines arrêtées en 2013 ne va pas contribuer à rééquilibrer le marché. Malgré une hausse attendue de 2,2% de la consommation d'acier dans l'Union européenne (UE) en 2014, le taux d'utilisation des capacités ne dépassera pas 69%. L'appréciation de l'euro vis-à-vis du dollar ne favorise pas les exportations d'automobiles et de biens de production qui représentent ensemble 44% de la consommation d'acier.

La production d'acier qui culminait dans l'UE à 210 Mt en 2007 ne sera revenue qu'à 165 Mt en 2016, prévoit UBS. De même, la consommation apparente devrait atteindre 163 Mt en 2016. Elle s’élevait à 220 Mt en 2007, avant la sévère correction entrainée par la crise financière. Dans le même temps les capacités de la sidérurgie européenne n'ont que peu reculé. Elles devraient encore se situer à 237 Mt en 2016 contre 243 Mt en 2007. Le taux d'utilisation des capacités de production s'est effondré de 86% en 2007 à 58% en 2009. Il s'est redressé à 72% en 2010 mais stagne depuis et ne devrait pas dépasser les 70% en 2016, trop peu pour permettre aux sidérurgistes de rétablir leurs marges.


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