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L’acier fait triste mine pour ArcelorMittal

Le 08 février 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Assurant 93% de son chiffre d’affaires, la production d’acier ne lui assure que 48% de son résultat opérationnel, le reste provient de ses activités minières, un secteur largement plus rentable.


Après un bon début d'année 2011, le numéro un mondial de la sidérurgie, ArcelorMittal, a subi de plein fouet les conséquences des incertitudes liées à la crise de la dette souveraine en Europe avec une perte nette d’un milliard de dollars au quatrième trimestre. Certes, son chiffre d’affaires global sur l’année a augmenté de 20% à 94 milliards de dollars, mais le bénéfice net du groupe est en recul de 22% à 2,3 milliards de dollars, suite avant tout à des charges exceptionnelles, dépréciations et restructurations principalement. La hausse du chiffre d’affaires a été entraînée par une légère hausse des expéditions et surtout par une augmentation moyenne du prix de vente de l’acier de 17,7%. Signe de bonne santé sur l’année, son ebitda a progressé de 18,7% à 10,1 milliards de dollars. Des résultats globaux, plutôt en avance sur les attentes des analystes, qui ont été salués par une petite progression de son action en bourse. Commentant ces résultats, Lakshmi Mittal, le PDG du groupe, a déclaré dans un communiqué : « la reprise progressive que nous avons connue a été impactée au second semestre de l'année par l'incertitude croissante qui a pesé sur la situation économique en Europe et qui a particulièrement affecté la confiance du marché et les performances au quatrième trimestre. »

Au deuxième semestre, et plus encore au quatrième trimestre la tendance s’est inversée. En Amérique du Nord, si la production d’aciers plats s’est appréciée au quatrième trimestre de 2,4% à 6 millions de tonnes (Mt) par rapport au trimestre précédent, son ebitda a chuté de 44% à 237 millions de dollars pour un chiffre d’affaires en recul de 8,5% à 5 milliards de dollars. La baisse est plus limitée pour l’ebitda des produits longs Amérique-Europe, qui baisse cependant sur un trimestre de 22,8% à 438 millions de dollars. Les ventes et la production ont reculé de respectivement 11,1% à 5,9 milliards de dollars et de 2,4% à 5,5 Mt. Pour la zone Asie-Afrique-CEI, l’ebitda est également en baisse de 16,2% à 284 millions de dollars pour un chiffre d’affaires de 2,7 milliards, en hausse de 4,4%, et une production de 3,6 Mt, en augmentation de 2,5%.

Mais, c’est la division aciers plats Europe, dirigé désormais par Aditya Mittal, qui a le plus souffert avec un ebitda tombé à 26 millions de dollars, en baisse sur un trimestre de 93% ! Sa production a reculé de 10,4% à 6,6 Mt alors que les ventes s’établissaient à 7 milliards, en baisse de 9%. L’affaiblissement de la demande et un déstockage important ont provoqué ce recul, explique le sidérurgiste qui rappelle également la baisse du prix moyen de vente de ses aciers. Le résultat opérationnel est le plus rude depuis la grande récession avec une perte opérationnelle de 92 dollars par tonne, soit 569 millions de dollars.

Pour faire face à cette baisse de la demande pour les produits sidérurgiques, ArcelorMittal n’a pas hésité à rapidement fermer ses capacités les moins rentables afin de maintenir des plans de charge importants sur ses sites – Dunkerque en particulier – les plus productifs. Les hauts fourneaux de Florange en Lorraine, les sites de Rodange et Schifflange au Luxembourg ont ainsi été arrêtés  temporairement en 2011 alors que sont définitivement fermées la filière chaud à Liège ainsi qu’un four électrique à Madrid. Une stratégie qui lui a permis de vendre ses aciers plats au carbone en Europe à 954 dollars la tonne au quatrième trimestre, plus cher que les 907 dollars obtenus un an plus tôt.

Si la deuxième moitié de l’année a été difficile pour le sidérurgiste, les résultats de sa filière mines semblent conforter sa stratégie de diversification. Pour l’ensemble de 2011, sa production de minerai de fer s’est appréciée de 10,5% sur un an à 54,1 Mt. Les volumes expédiés au prix du marché ont atteint 28 Mt, en hausse de 11,5%. Sa production de charbon a connu une progression plus spectaculaire encore, +20% à 8,3 Mt dont 4,9 Mt (+45%) expédiés au prix du marché. L’ebitda des activités minières pour 2011 s’est établi à 3,063 milliards de dollars, en hausse de 35% sur un an alors que le résultat opérationnel a bondi de 58% à 2,568 milliards. Si elles ne représentent pas plus de 7% du chiffre d’affaires d’ArcelorMittal, ses activités minières lui ont assuré 30% de son ebitda et 52% de son résultat opérationnel. Extraire du minerai est donc 6,5 fois plus rentable pour ArcelorMittal que de produire de l’acier.

ArcelorMittal table sur une année 2012 meilleure que 2011, notamment en raison d'une hausse de la demande d'acier mondiale de 5%. Cette reprise ne devrait pas toucher l’Europe où la demande pourrait même reculer de 1,3%. Le sidérurgiste a donc décidé de ne faire tourner que 16 de ses 25 hauts fourneaux en Europe. Se gardant bien de donner un calendrier de relance des sites, le sidérurgiste ne précise pas le taux actuel d’utilisation des différentes aciéries. « Pour le moment, le marché ne s'est pas complètement redressé, les niveaux d'expédition sont bien meilleurs qu'au quatrième trimestre 2011, mais nous sommes encore loin des volumes de 2006, 2007 ou 2008 », a expliqué Aditya Mittal.

Pour 2012, le budget des dépenses d’investissement devrait se situer entre 4 et 4,5 milliards de dollars, affirme le groupe. Au Brésil cependant, le plan d’expansion de son usine de produits longs à Molevadene ne devrait pas être finalisé comme prévu à mi-2012. Un investissement de 1,2 milliard de dollars devait doubler les capacités du site à 2,4 Mt de brames et 2,3 Mt de fil. Un autre développement d’un laminoir à Vega do Sul, prévu initialement pour 2013, est également gelé.
En Inde, c’est le double projet de construction de deux aciéries de 12 Mt de capacités chacune qui n’avance pas, comme une autre aciérie de 6Mt dans le Karnataka.



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