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Fusion dans la sidérurgie nordique

Le 22 janvier 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Le suédois SSAB va acquérir son voisin finlandais Rautaruukki, une opération défensive dans un marché européen de l'acier toujours déprimé. 


Le sidérurgiste suédois SSAB vient d'annoncer l’acquisition de son concurrent finlandais Rautaruukki pour 10,1 milliards de couronnes suédoises, soit 1,15 milliard d'euros. Ce niveau de prix offre une prime de 20% aux actionnaires de la cible par rapport au court de clôture de Rautaruukki, 6,89 euros le 21 janvier. L'opération se fera par un échange d'actions, les actionnaires du Finlandais recevant de nouvelles actions émises par le Suédois. Cette opération, qui avait été envisagée à plusieurs reprises au cours des dernières décennies, a été validée par les principaux actionnaires des deux groupes, en particulier le fonds souverain finlandais Solidium, plus important  actionnaire de Rautaruukki. 
 
Si les actionnaires des deux groupes valident l'opération, ceux de SSAB détiendront 58% des actions du nouveau groupe et 75% des droits de vote, ceux de Rautaruukki , détenant 42% du capital et 25% des droits de vote. Le premier actionnaire de SSAB, le holding suédois Industrivärden, demeurera le premier actionnaire du nouveau groupe. L'opération devrait être achevée fin avril ou début mai.  
 
"Le projet de fusion est un pas naturel allant vers un renforcement de la compétitivité dans la partie européenne de nos opérations sidérurgiques, en améliorant nos positions en termes de coûts et en augmentant la flexibilité de la production en vue de mieux s'adapter aux fluctuations de la demande", ont justifié les deux groupes dans un communiqué commun. 
 
La nouvelle entreprise sera l'un des premiers acteurs du marché mondial des aciers à haute résistance, des feuillards standard et des produits plats ainsi que des produits tubulaires, affirme le communiqué commun des deux groupes. Le chiffre d'affaires combiné des deux groupes en 2012 atteignait 63 milliards de couronnes suédoises, soit 7,3 milliards d'euros. Le nouveau groupe disposera d'unités de production en Suède, Finlande et aux Etats-Unis avec une capacité totale de production de 8,8 millions de tonnes de produits sidérurgiques. Il deviendrait l'un des quarante plus importants producteurs d'acier. 
 
La nouvelle compagnie sera dirigée par le PDG SSAB, Martin Lindqvist. Le PDG de Rautaruukki, Sakari Tamminen, continuera d'exercer ses fonctions à la tête du groupe finlandais jusqu'à la réalisation de la fusion. Il fera alors valoir ses droits à la retraite à 60 ans.  
 
Fin septembre 2013, le groupe suédois comptait 8 700 salariés, le même nombre que le groupe finlandais. La fusion devrait entrainer des synergies qui permettront une réduction de 5% du nombre total de travailleurs, principalement dans les deux pays nordiques. Une réduction d'effectif qui devrait s'étaler sur trois ans, après la fusion. Les deux groupes appliqueront les obligations de la législation du travail.   
 
Rappelant le difficile contexte de la sidérurgie européenne, minée par les surcapacités et la baisse des prix de l'acier, les deux groupes ont expliqué que leur fusion créera un groupe sidérurgiste à la fois flexible et efficient en termes de coûts sur son segment du marché nordique. Le groupe continuera d'offrir des produits et des services à forte valeur ajoutée et développera la productivité de ses produits destinés à économiser l'énergie et à améliorer l'environnement. 
 
La fusion permettra des synergies permettant une économie annuelle estimée à 150 millions d'euros. Ces économies devraient être effectuées par un système de production et une chaine d'approvisionnement plus flexibles et efficients, ainsi que par un allègement des frais administratifs. La proximité culturelle et géographique des deux groupes devrait faciliter ces mesures. Des économies supplémentaires seront réalisées dans les investissements communs. 
 
Le nouveau groupe aura une dette combinée de 23 milliards de couronnes, soit 2,6 milliards d'euros. Selon l'analyste de Citi Nitesh Agarwal, les résultats de SSAB sont encore fortement dépendants de la situation toujours difficile de la sidérurgie européenne. Les variations des taux de changes influencent également fortement le sidérurgiste dont la moitié des ventes se font dans la zone euro alors que les achats de ses intrants se font en dollars.

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