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Un G20 agricole dans la douleur

Le 23 juin 2011 par Pascal Coesnon


Le plan d’action de la France pour lutter contre la volatilité des prix des matières premières agricoles ne fait pas l’unanimité.

Les ministres de l’Agriculture du G20 trouveront-ils un accord pour éviter de nouvelles crises alimentaires ? Rien n’est moins sûr. La présidence française de l’instance défend un plan en cinq axes pour « calmer la volatilité excessive des prix des produits agricoles », selon les mots de Bruno Le Maire, le ministre français de l’Agriculture. Aujourd’hui, près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, indique la Food and Agriculture Organization (FAO) des Nations unies, qui estime qu’à l’horizon 2050, il faudra augmenter la production agricole de 70 % pour alimenter les 9 milliards de personnes qui peupleront la planète.
 
Pour relever ces défis, la France propose d’accroître la transparence des marchés physiques en créant un « Système d’information sur les marchés agricoles » (Amis), une base de données destinée à fournir l’état des stocks mondiaux des produits agricoles. Toutefois, la création d’un tel tableau de bord ne fait pas l’unanimité. La Chine et l’Inde, qui ne veulent pas livrer des informations touchant à leur souveraineté nationale, devraient s’y opposer. Par ailleurs, collecter « des données sur les stocks des principaux acteurs agricoles comme la Chine ou la Russie serait quasiment impossible », relève Bratin Sanyal, le directeur Asie de la banque ING.
 
Le plan insiste fortement sur la nécessité d’augmenter la production mondiale. « Nous savons tous que la production agricole mondiale est trop faible par rapport à la demande et qu’elle le sera encore plus demain », rappelait hier Nicolas Sarkozy. Pour cela, il faut « investir dans l’agriculture paysanne des pays en développement », propose l’ONG Oxfam, qui rappelle que « les trois quarts des victimes de la faim sont des paysans et des paysannes ». La constitution de « réserves alimentaires de secours » est aussi à l’ordre du jour pour atténuer les effets de la volatilité des prix dans les pays les plus pauvres. « Les exemples de pays comme Madagascar et l’Indonésie démontre que des stocks alimentaires bien conçus et combinées avec d’autres mesures pourraient aider les pays en développement à lutter contre la volatilité des prix alimentaires, indique Oxfam. Le stockage de 105 millions de tonnes supplémentaires de céréales aurait été suffisant pour éviter la crise alimentaire de 2007-2008. » Mais ces propositions suscite des réticences du Brésil et de l’Argentine.
 
Quant à la « financiarisation des marchés agricoles, même si elle n’explique pas tout, (elle) contribue grandement à la volatilité des prix et à l’insécurité alimentaire, souligne le président français. Un marché qui n’est pas régulé n’est pas un marché mais une loterie où la fortune sourit aux plus cyniques, au lieu de récompensé le travail, l’investissement et la production de valeur ». Paris souhaite ainsi réguler les marchés agricoles en imposant des limites de positions. Toutefois, cette mesure se heurte à la réticence de pays comme la Grande-Bretagne et l’Australie. « Je pense qu’elle (la spéculation) n’est pas seule responsable… Je pense que c’est surtout l’offre et la demande et c’est pourquoi il nous faut se préoccuper des fondamentaux du marché si nous voulons avoir des prix stables », souligne Caroline Spelman, la ministre britannique de l’Agriculture, qui estime que les ministres des Finances du G20 étaient mieux placés pour discuter de la question.
 
Malgré les oppositions, Paris insiste sur la cohérence de son plan d’actions qui permet de traiter l’ensemble des causes du problème. « Le monde entier compte sur vos décisions et votre action. Le monde ne peut plus attendre », s’exclamait hier Nicolas Sarkozy devant l’assemblée des ministres de l’Agriculture. La présidence française, qui ne veut lâcher sur aucun des volets du plan, précise qu’un « échec serait préférable à l’abandon d’un des cinq points » et qu’en aucun cas un deuxième rendez-vous pour l’agriculture mondiale n’aurait lieu en cas de désaccord.

Infographie.  (Cliquez pour aggrandir)

 

 

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