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Le marché de l'or se stabilise

Le 22 septembre 2014 par Daniel Krajka


Après la fuite massive des investisseurs en 2013, le marché de l'or subit une baisse de la demande physique. Les cours devraient se stabiliser autour de 1 200 dollars l'once, avant de remonter progressivement en 2015, prévoit GFMS.


Le cours de l'or a continué de se replier en 2014 après avoir interrompu en 2013 douze années de hausse ininterrompue, rappelle la dernière étude sur le métal jaune publiée par Thomson Reuters GFMS. Le métal jaune a subi la conjonction du rebond des marchés actions aux Etats-Unis et de la remontée du dollar. Le prix de l'once, qui était remonté vers les 1 370 dollars en mars, est tombé sous les 1 220 dollars, un niveau inférieur à celui du début de l'année, 1 225 dollars. Pour l'ensemble de 2014, GFMS table sur un cours moyen de 1 270 dollars, 10% de moins que la moyenne de l'année précédente, 1 411,23 dollars.

Après une année agitée, le marché de l'or semble s'être calmé avec un net recul de la demande physique. Celle-ci, en forte hausse en 2013, était alimentée par la chute des cours provoquée par les ventes massives des fonds indiciels (ETF). Le flot des ventes des ETF était tellement important au premier semestre 2013, qu'en comparaison il semble apaisé, tempère Matthew Turner de Macquarie. Pour l'ensemble de 2014, GFMS table sur une baisse de 125 tonnes, contre 880 tonnes en 2013, des volumes détenus par les ETF. Le plus important fond de ce type, SPDR Gold Trust, a continué de se délester avec le plus bas volume détenu depuis décembre 2008.

Deux autres facteurs majeurs ont pesé sur les cours du métal jaune. La demande de la joaillerie a reculé par rapport à l'année précédente de 16%, ce qui représente une baisse de la consommation de 200 tonnes pour le premier semestre 2014. Même la demande de la Chine, désormais le premier pays consommateur devant l'Inde, a fléchi.

De plus, la production minière s'est appréciée de 4%, pour ajouter 52 tonnes à l'offre globale. Pour l'année 2014, GFMS prévoit un nouveau record de la production minière à 3 101 tonnes, 2% de plus que l'année précédente. Ce record ne devrait pas être battu, il n'est que la conséquence des importants investissements lancés durant la période haussière. Le recyclage subira le contrecoup de la baisse des cours, refluant de 13% à 1 104 tonnes en 2014. En incluant les opérations de couverture, l'offre globale d'or devrait donc baisser de 2% à 4 248 tonnes. Le surplus du marché devrait se réduire sensiblement.

Malgré la forte baisse de la demande physique, la réduction des ventes des fonds indiciels va entrainer une réduction du surplus du marché de 294 tonnes en 2013 à 185 tonnes en 2014, prévoit GFMS qui table sur la stabilisation des cours. "Toute baisse des cours vers les 1 200 dollars devrait entrainer un fort rebond de la demande physique dans les régions les plus réactives aux variations de prix, l'Asie et le Moyen-Orient, bien que cette dernière zone subisse des problèmes qui réduisent partiellement la demande", indique Rhona O'Connell, la responsable de la recherche métaux de GFMS, ajoutant que  la baisse actuelle du prix retarde les achats.

Pour 2015, GFMS attend une hausse progressive de la demande qui, avec une offre minière en recul, provoquera un léger déficit du marché. Cette tendance devrait se poursuivre dans les années à venir, créant une situation favorable pour le métal jaune, susceptible d'attirer à nouveau l'intérêt des investisseurs. Pour Macquarie, ce sont les facteurs extérieurs au marché de l'or, en particulier la politique monétaire américaine, qui influenceront l'évolution des cours. Des taux d'intérêt à long terme qui devraient culminer à un niveau peu élevé devraient provoquer un modeste rebond du prix de l'or en 2015, prévoit la banque australienne.

Une mine sur 10 est dans le rouge

Au prix de l'or actuel pas moins de 10% des capacités sont dans le rouge, a calculé Christopher Louney, un analyste de Barclays. La banque britannique a développé un nouveau modèle de calcul des coûts de production du métal jaune, incluant les dépenses d'investissement nécessaires au maintien de la production. Ces coûts totaux (sustaining costs) sont en moyenne de 988 dollars par once, contre 717 dollars pour les "coûts cash". Le coût marginal de l'once – celui des 10% de mines ayant les coûts les plus élevés – atteint 1 285 dollars. Malgré la baisse des cours, les compagnies minières n'ont réussi qu'à diminuer leurs frais de gestion. Les coûts d'extraction se heurtent à des difficultés géologiques que les compagnies devront surmonter pour réduire leurs coûts totaux à long terme.


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