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La mine de Marikana toujours arrêtée

Le 22 août 2012 par Daniel Krajka


Lonmin PLC

La direction de Lonmin joue l’apaisement, repoussant à nouveau sa menace de licenciement à l’égard des grévistes. La situation financière du groupe va rapidement se détériorer. 

 

La production n’a toujours pas repris à la mine de Marikana, malgré les ultimatums de Lonmin. La compagnie minière a d’ailleurs annoncé que seulement 22% de ses 28 000 salariés s’étaient présentés le 22 août contre 33% la veille et 28% le 20 août. Le gouvernement sud-africain, qui a proclamé 6 jours de deuil suite au massacre de 34 mineurs le 16 août avait fait pression pour que Lonmin ne mette pas à exécution ses menaces de licencier les grévistes qui n’avaient pas repris le travail. Plus important cependant, il paraissait peu crédible que Lonmin licencie ses 3 000 piqueurs (les mineurs préposés au forage), un travail dur et qualifié qui en fait des travailleurs difficiles à remplacer. Dans ses communiqués Lonmin n’a pas précisé si des piqueurs étaient retournés au travail.

Un groupe comprenant plusieurs ministres est venu négocier avec les grévistes sur le site de Marikana. L’accueil a été plutôt froid, rapporte la presse locale, indiquant que les représentants des grévistes auraient souhaité voir Riah Phiyega, le responsable de la police, venir s’expliquer. Ils ont d’ailleurs exigé que la police se tienne à distance de la réunion affirmant « ne pas se sentir en sécurité à proximité des policiers ». Ils ont également déclaré s’opposer à ce qu’une cérémonie se tienne alors que les grévistes en prison ne pourront y assister. Les représentants ont enfin accusé le président Jacob Zuma de les avoir abandonnés, rappelant qu’il avait choisi de rencontrer la direction de Lonmin plutôt que les travailleurs.

Combien gagne un mineur de fond ?

Une polémique a surgi sur le salaire des mineurs de fond. Le syndicat AMCU affirmait que les piqueurs ne gagnaient que 4 000 rands par mois, soit 500 dollars. Ce montant, le même que ce qu’avaient déclaré des grévistes à des journalistes, a été contesté par un responsable du syndicat Solidarity, Gideon du Plessis, affirmant que leur salaire brut atteint les 10 500 rands. Deux journalistes du Daily Maverick ont constaté en vérifiant une fiche de paie un salaire de 4 365 rands, atteignant 8 125 rands si l’on incorpore la prime de logement de 1 850 rands et diverses primes. Après avoir retiré les impôts et les cotisations sociales, le salaire mensuel retombe toutefois vers les 5 000 rands.

Interrogé par Politicsweb, Mark Munroe, un dirigeant de Lonmin, affirme qu’en incluant les primes le salaire atteint 11 000 rands, sans préciser toutefois le montant des retenues. Il faut signaler que des revendications similaires à celles des grévistes de Marikana, 12 500 rands, ont été formulés sur deux autres sites : la mine BRPM appartenant à Royal Bafokeng et celle de Thembalani, contrôlée par le numéro un du platine, Anglo American Platinum (Amplats). Si c’est le syndicat NUM qui a porté la revendication à BRPM, ce sont les travailleurs qui ont directement revendiqué auprès d’Amplats, et non des représentants syndicaux. Les dirigeants des deux sites n’auraient pas manqué d’affirmer que 12 500 rands était déjà proche de leur niveau de salaire si cela avait été le cas.

Les travailleurs des mines de platine viennent de diverses régions d’Afrique du Sud, voire des pays voisins. Leurs conditions de logement, dans des baraquements fournis par la mine ou des bidonvilles, avec l’électricité mais sans l’eau courante, ne suggèrent pas l’opulence ont pu constater les journalistes qui sont venus sur place. Ces conditions ne semblent gère avoir changé depuis une vingtaine d’années et la fin de l’apartheid.

La situation financière de Lonmin continue de se détériorer. L’arrêt de la production va non seulement lui coûter cher mais risque de l’empêcher de faire face aux obligations de sa dette. Le groupe ne possède qu’une seule mine et ne peut faire face, comme ses concurrents, à la baisse de la demande en fermant ses capacités les moins rentables. La Deutsche Bank, qui table sur trois semaines de production de perdues, estime que Lonmin devra lever entre 700 millions et un milliard de dollars pour faire face à ses covenants (obligations bancaires). L’émission de nouvelles actions est une possibilité mais la période n’est guère favorable avec des prix des matières en recul et des cours des actions des compagnies minières qui chutent.



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