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D’où vient l’or du Witwatersrand ?

Le 06 février 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Afrique, Matières premières
Démonstration de coulage d'un lingot d'or à Gold Reef, Afrique du Sud
Démonstration de coulage d'un lingot d'or à Gold Reef, Afrique du Sud
Cc - Dan Brown

La naissance du plus important gisement d’or au monde, dans la région de Johannesburg en Afrique du Sud, est un peu moins mystérieuse depuis quelques jours. Dans une publication récente de ses résultats de recherche, le Pr Christoph Heinrich (ETH Zurich) réconcilie deux hypothèses sur la formation des veines aurifères du Witwatersrand. Selon lui, des bactéries – l’une des premières formes de vie sur Terre – auraient précipité le métal dissous dans un lac acide, il y a 3 milliards d’années.

 

 

Près de 40% de l’or extrait à ce jour provient du même gisement : le bassin sud-africain du Witwatersrand. L’or y est plus concentré que n’importe où ailleurs sur Terre. Une particularité qui questionne tous les géologues. Jusque-là, deux explications étaient proposées.

 

Deux théories caduques...

 

La première, celle du gisement alluvial, affirmait que ces particules d’or avaient été drainées et apportées là par une rivière géante il y a plusieurs millions d’années avant de se fixer dans les sédiments à son assèchement. Comme en Californie. Le problème, c’est qu’il n’existe aucune trace d’une source suffisamment importante pour avoir alimenté cette rivière.

 

Ce qui a donné naissance à la seconde hypothèse : celle du gisement hydrothermal, selon laquelle l’or, dissous chimiquement dans un liquide chaud, aurait traversé les couches sédimentaires 500 millions d’années après leur dépôt. Mais il faudrait pour cela une couche sédimentaire de 10 km d’épaisseur pour créer les conditions de pression et de température. La concentration en or doit donc avoir eu lieu durant la formation des sédiments qui le contiennent…

 

... qu'il suffisait pourtant de concilier!

 

Selon le Pr Heinrich, l’or est bien arrivé dans les eaux d’une rivière, mais sous une forme dissoute chimiquement qui permettait à ces eaux de le drainer à partir d’une région beaucoup plus vaste. Ce qui est possible dans des conditions climatiques et atmosphériques particulières, que l’on retrouve au début du Précambrien, il y a 3 milliards d’années, alors que les terres émergées ne formaient qu’un seul supercontinent. Soit… au moment de la naissance de la vie. Les pluies, épisodiquement riches en sulfure d’hydrogène, auraient alors pu dissoudre l’or. Une intense activité volcanique concomitante explique sans doute cette concentration en sulfure d’hydrogène.

 

Une dernière particularité géologique donne la clé de la précipitation de cet or « liquide » : l’or se trouve dans des couches riches en carbone de quelques millimètres à quelques centimètres d’épaisseur, étalées sur des kilomètres. Le Pr Heinrich affirme que ces couches sont issues de la vase située au fond des lacs, qui abritait des colonies de bactéries. Qu’elles aient absorbé ou simplement provoqué la réduction du métal précieux, elles ont sans doute joué un rôle dans sa présence dans le sous-sol du Witwatersrand.

 

Pas d’oxygène, des volcans basaltiques en pleine éruption, une odeur violente d’œuf pourri… les conditions de la naissance du plus grand gisement d’or du monde ont dû être assez inhospitalières. C’est pourtant la vie, dans ses premières formes, qui aurait concentré dans le sous-sol sud-africain le métal le plus précieux de toute l’histoire de l’homme.

 


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