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La hausse des stocks de nickel du LME n’empêche pas la hausse des prix

Le 09 décembre 2014 par Myrtille Delamarche
Nickel: stocks LME par région
Nickel: stocks LME par région

L’inventaire du London Metal Exchange montre des stocks de nickel en hausse de 56% depuis le début de l’année. Ce stockage massif a quelque peu réfréné la montée du prix du métal. Il n’a pas pour autant suffi à contrer la peur de manquer née de l’interdiction d’export de minerai décidée par l’Indonésie.

 

407 000 tonnes de nickel sont actuellement stockées dans les entrepôts du LME. C’est 147 000 tonnes de plus que l’an dernier. Habituellement, une telle augmentation est l’un de ces facteurs à même de faire chuter les prix. Mais pas cette fois-ci. Car ce stockage massif est partiellement une illusion. Alors que l’interdiction d’export décidée – et tenue – par l’Indonésie, elle, ne l’est pas.

 

Pourquoi une illusion ? Une partie des stocks provient en fait de déplacements suite à l’affaire de Qingdao (ou Tsingtao, ville d’origine de la bière mondialement exportée). D’importants stocks utilisés comme couverture financière de prêts ont été déplacés des entrepôts plus sûrs : ceux du LME en Asie.

 

Ce mercato n’a donc pas suffi à contrer une menace sérieuse pour le niveau de l’offre : l’interdiction d’export du minerai brut indonésien. Depuis que ce pays, dont le minerai alimentait 30% du marché mondial du nickel, a exigé un premier niveau de transformation sur place, le marché reste en attente de la construction de fonderies. Et nombre de ces projets n’entreront pas en production avant 2018.

 

Indonésie: les fonderies tardent à prendre le relais

 

Une grande partie du minerai indonésien partait jusque-là en Chine pour y être transformée en fonte de nickel, une alternative low-cost au nickel-métal. Sans surprise, on retrouve donc de nombreux chinois dans les joint-ventures en cours de constitution en Indonésie.

 

Parmi les trois projets de fonte de nickel les plus avancés, la fonderie métallurgique en coentreprise entre Tsingshan et PT Bintang Delapan est la seule, selon Morgan Stanley, à pouvoir entrer en production dans les 12 mois. Suivront Indoferro et PT Modern Light.

 

En attendant, les Philippines sont devenues le premier fournisseur de nickel. Mais le pays peine à assurer la continuité de la production en raison de conditions climatiques difficiles (moussons), et son minerai est sans conteste de moindre qualité.

 

L’impact de cette situation pourrait être un marché du nickel déficitaire en 2015, voire dès 2014, pour la première fois depuis 2007. Citi chiffre ce déficit à 62 400 tonnes en 2014. Il pourrait, selon le Shangai Metals Market, atteindre 103 000 tonnes l’an prochain.


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