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L’Europe s'organise pour surmonter la pénurie de matières premières

Le 01 mars 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


 

La Commission Européenne propose de mutualiser capitaux et ressources humaines pour résoudre la difficile question de l’approvisionnement en minerais et en métaux.

 


« L’approvisionnement en matières premières, vital pour l’industrie de haute technologie d’aujourd’hui, devient de plus en plus problématique », a rappelé la Commission Européenne. Pour tenter de résoudre cette question, la Commission a proposé la création d’un Partenariat d’Innovation Européen (PIE) en mutualisant capitaux, ressources humaines et en associant Etats membres, entreprises et chercheurs. Visant à développer en Europe la prospection, l’extraction et la transformation de matières premières, la Commission rappelle que la valeur des ressources minérales inexploitées en Europe, à une profondeur comprise entre 500 et 1 000 mètres, atteindrait 100 milliards d’euros ! Il n’y a donc plus qu’à…utiliser les nouvelles technologies… et à trouver les milliards d’euros nécessaires au lancement des projets miniers. Les grands mineurs comme BHP Billiton, Rio Tinto ou Vale, investissent de 5 à 20 milliards de dollars sur un seul projet d’envergure.


Sont également mis en avant la substitution et le recyclage, et sont pointés « les 17 kg annuels de déchets d’équipements électriques et électroniques que chaque citoyen de l’UE produit aujourd’hui ». Antonio Tajani, le vice-président de la Commission chargé de l’industrie et de l’entrepreneuriat, a souligné « la nécessité d’améliorer l’accès aux minerais pour favoriser le développement de produits à faible intensité de carbone, tels que les modules photovoltaïques en couches minces, les systèmes d’éclairage économes en énergie et les véhicules électriques ». «Nous devons unir nos forces pour tirer parti du potentiel considérable de matières premières que recèle l’Europe. Il faut tout mettre en œuvre pour faire de l’Europe le leader mondial en termes de capacités de prospection, d’extraction, de transformation, de recyclage et de substitution d’ici à 2020. Une telle mobilisation est indispensable pour que l’Europe puisse développer aujourd’hui les technologies de demain. Cette innovation est déterminante pour la compétitivité de l’Europe, la croissance durable et la création d’emplois.»


S’il est vrai que seule la surface de l’Europe est bien connue, tenter d’explorer et d’exploiter les ressources minières en profondeur semble bien difficile aujourd’hui. De plus, extraire des minerais ne suffit pas, les capacités de raffinage manquent. Le Polonais KGHM, septième producteur mondial de cuivre raffiné avec une production supérieure à 500 000 tonnes de cuivre, vend ainsi une part importante de ses concentrés à des raffineurs chinois. Les nouvelles contraintes, avant tout liées à la production de CO2, ne favorisent pas le développement des industries métallurgiques en Europe, au contraire.


Il est positif que l’Europe identifie le problème de l’approvisionnement en matières premières minérales et dresse un catalogue des mesures capables de répondre à cette question, note un géologue. Mais il est dommage que dans le même temps les institutions européennes instaurent des règlementations contraires au développement de la métallurgie. Les seuls pays où actuellement se développe l’industrie minière sont des pays – Suède, Pologne, Irlande, Finlande – aux marges de l’Europe. La relance des exploitations minières n’est pas d’actualité ni en France, ni en Allemagne ou en Italie. Les géants miniers qui sont en partie européens – britanniques pour Rio Tinto et BHP Billiton, suisse pour Glencore-Xstrata – ne semblent pour l’instant pas très intéressés par l’augmentation de leurs activités sur le vieux continent. « Le partenariat d’innovation européen n’est pas un instrument de financement. De même, il ne remplacera pas le processus conventionnel de prise de décision », concède la Commission.


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