Du fait de la pénurie de concentrés, c'est au tour de la cotation du zinc de s'envoler. Bien après les autres métaux de base.
La cotation settlement du zinc, retombée à 1165 dollars le 19 juillet, s'est depuis appréciée régulièrement pour franchir 1800 dollars le 7 décembre. Cette ascension se poursuit : le 12, la tonne de zinc s'échangeait à 1843 dollars, son plus haut niveau depuis plus de quinze ans et affichait une progression de 58%depuis son plus bas de 2005. Toutefois, la hausse du métal gris s'est produite avec un certain retard par rapport aux autres métaux de base, en raison de l'ampleur des stocks. Malgré l'arrivée de 100 000 tonnes de métal non déclarées officiellement, ceux-ci ont décru de plus de 160 000 tonnes depuis le début de l'année. Résultat : la hausse des cours a été deux fois plus importante que celle du cuivre. «Il n'y a pas assez de concentré disponible pour permettre à tous les raffineurs dans le monde d'opérer à pleine capacité », a déclaré Greig Galley, directeur général de l'australien Zinifex, numéro2 du secteur. Ce déficit a conduit à des fermetures à répétition des raffineurs, réduisant d'autant la quantité de métal disponible. Une situation chronique qui devrait perdurer.
Un déficit de 440000 tonnes attendu pour 2006
Le redémarrage attendu de la mine de Lennard Shelf en Australie de l'Ouest, seule possibilité pour accroître rapidement la production, sera en effet contrarié par le manque d'équipement industriel, estime Alan Heap, l'analyste commodités de Citigroup Smith Barney. Et, la mutation de la Chine d'exportateur majeur en importateur net pousse les cours à la hausse. Malgré les contraintes environnementales, la production en Chine de métal raffiné devrait pourtant augmenter de 5% en 2006, juge Wang Janjun, responsable du commerce international de Zhuzhou Smelter. Pour 2006, le marché devrait, face à une consommation de 11,12millions de tonnes de zinc raffiné (+ 5,7%), enregistrer un nouveau déficit de 440000 tonnes, estime l'ILZSG. Ce qui, selon Michael Widmer de Macquarie Bank, retirant à nouveau 400000 tonnes aux stocks, les ferait plonger sous le seuil critique de trois semaines de consommation. Un contexte qui a conduit Jason Fairclough de Merrill Lynch à remonter sa moyenne prévue pour 2006 de 18,6 %, à 1543dollars. Alberto Arias, analyste de Goldman Sachs, a dû rajouter 23% à son estimation antérieure pour arriver au même cours moyen. Cette pénurie a toutefois fini par enclencher une hausse de 70% des dépenses globales d'exploration, a calculé le Mineral Economics Group. Mais il faudra attendre 2008 pour obtenir des résultats.
DANIEL KRAJKA
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