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Eramet se redresse

Le 18 février 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Eramet, Les Bilans 2009


Profitant de la reprise des marchés du nickel et du manganèse, le groupe est retourné à l’équilibre au deuxième semestre 2009 mais reste dans le rouge pour l’ensemble de l’année.

 

Eramet, le seul mineur français, spécialisé dans le nickel, le manganèse et les aciers spéciaux, vient d’annoncer avoir réalisé son objectif de retour à l’équilibre de son résultat opérationnel courant (ROC) au deuxième semestre 2009. Après une perte de 163 millions – un résultat sensiblement meilleur que les attentes des analystes – lors de la première partie de l’année, son ROC est redevenu positif, 60 millions, au deuxième semestre. Le groupe devrait poursuivre ce redressement au premier semestre 2010, soutenu par la reprise des marchés du nickel et du manganèse.

 

Sur l’ensemble de l’année le groupe affiche toutefois une perte nette de 265 millions d’euros, contre un bénéfice net de 694 millions en 2008. Son chiffre d’affaires est également lourdement impacté par la chute de la demande et la dégringolade des prix des métaux, il est tombé à 2,689 milliards d’euros contre 4,346 milliards l’année précédente. Les branches manganèse, nickel et alliages spéciaux ont posté des baisses respectives de 45, 27 et 32%. « Signe de confiance dans (ses) perspectives au-delà de la crise », Eramet a décidé de maintenir un dividende pour ses actionnaires. Il ne sera plus toutefois que de 1,80 euro contre 5,25 au titre de 2008, moins également que les 2,64 euros attendus par les analystes.

 

Rappelant que les marchés d’Eramet étaient « tirés à moyen et long termes par le développement des pays émergents » son PDG, Patrick Buffet a souligné dans un communiqué que « le groupe continuera à faire preuve de réactivité en adaptant ses productions à l'évolution de la demande et en poursuivant les plans d'amélioration de sa compétitivité ». Comme ses concurrents, Eramet avait mis en place un important plan de réduction de ses dépenses. Visant une économie de 140 millions d’euros pour 2009, ce plan a été dépassé avec une économie globale de 172 millions, au prix toutefois d’un report ou d’annulation de certains investissements. Ceux-ci ont été réduits de 32% sur un an à 286 millions d’euros alors qu’Eramet cédait à Mitsubishi une part de son projet géant de Weda Bay pour 113 millions de dollars.  

 

Subissant les conséquences de la diabolique volatilité du nickel, l’action Eramet a été particulièrement chahutée au cours des dernières années. Après être montée brutalement au-dessus de 650 euros en mai 2008 elle avait dévissé vers les 120 six mois plus tard. Elle s’est progressivement appréciée depuis avec les cours des métaux et se maintient depuis la fin de l’été 2009 au-dessus des 200. Fin 2009 la trésorerie du groupe s’était appréciée en six mois de 20 millions,   à 946 millions d’euros, mais était en retrait sensible par rapport au 1,133 milliard de fin 2008.  

 

Hausse du cours du nickel

 

Le cours de la tonne de nickel est repassé au-dessus des 20 000 dollars, son plus haut depuis six mois. En 2009 le marché du nickel était en léger surplus de 3 000 tonnes, estime le consultant WBMS. La production de métal raffiné a reculé de 2,5% par rapport à 2008 à 1,318 million de tonnes (Mt), alors que la demande apparente progressait de 1,8% à 1,315 Mt. La production minière a baissé de 8% à 1,369 Mt.

 

La production d’acier inoxydable, la principale utilisation du nickel, se reprend, note Robin Bahr, l’analyste métaux du Crédit Agricole. La situation devient plus « positive » en Europe et s’est améliorée au Japon, en Corée et à Taiwan. Les risques de surproduction sont cependant bien réels avec la prochaine montée en puissance de Goro en Nouvelle-Calédonie et le redémarrage, qui finira bien par avoir lieu, des importantes capacités de Vale Inco mises à l’arrêt depuis six mois par une grève au Canada. Les cours devraient être limités à la hausse par la rapide réactivation des producteurs chinois de fonte de nickel, estime l’analyste.


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