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Cuivre : nouvelles de Santiago

Le 18 avril 2012 par Daniel Krajka


La réduction des achats chinois pèse sur le marché du cuivre malgré le rebond de l’Amérique du Nord. A terme la difficulté à augmenter l’offre continuera de soutenir les cours.

 

De nombreuses conversations avec les producteurs et les traders tournaient autour de l’actuelle faiblesse de la demande chinoise de cuivre sur le marché spot, rapporte Gayle Berry, l’analyste de Barclays, présente à la semaine du cuivre organisée par le CESCO (Center for Copper and Mining Studies) à Santiago du Chili. Si les acheteurs chinois honorent leurs contrats d’achat à long terme, ils ont pratiquement disparu du marché spot suite à un arbitrage défavorable entre les cours pratiqués à Londres et à Shanghai, explique l’analyste. Selon le mineur chilien Antofagasta, l’augmentation des importations chinoises de métal rouge depuis octobre dernier répondait au besoin de remonter les stocks.

Ces stocks commenceront à diminuer, tant pour les cathodes que pour les demi-produits, au deuxième trimestre et les consommateurs chinois feront leur retour sur le marché du cuivre au deuxième semestre, en fonction de la puissance du rebond de la croissance. Toutefois, note Berry, la production de demi-produits, en hausse de 17,5% sur un an, témoigne de la solidité de la consommation du pays. La production de câbles pour transporter l’énergie affiche un bond de 24% sur un an, confirmant l’accélération de la demande.

Le CESCO s’est également fait l’écho d’une demande américaine plus solide qu’attendue, alors qu’en Europe une consommation en léger repli ou étale indique que la situation est moins défavorable que prévue. Les usines européennes, qui tablaient sur une demande en forte baisse, sont même obligées d’aller sur le marché spot. Mais, insiste la banque britannique, le marché ne tient pas suffisamment compte d’une offre qui continue de souffrir de ses maux récurrents. Le manque de main-d’œuvre qualifiée commence à retarder l’ouverture de nouveaux projets et ajoute à des coûts de production en hausse sensible. La baisse de teneur du minerai extrait est un problème qui se généralise, et les objectifs de production minière sont régulièrement revus en baisse. La moindre qualité du minerai extrait de la mine de Kennecott a entrainé une baisse de 13% sur le premier trimestre et de 18% sur un an de la production cuprifère de Rio Tinto.

Ces difficultés ont été confirmées par le directeur général de Codelco, Diego Hernandez. Le numéro un mondial du métal rouge va doubler ses investissements en 2012, à 2,2 milliards, de dollars d’augmenter sa production de 1,73 Mt en 2011 à 2 Mt en 2017. La hausse des coûts du travail et des équipements ainsi que l’explosion des dépenses d’investissements devraient retarder la mise en exploitation des nouveaux projets, souligne Hernandez. La société d’Etat chilienne va tenter d’éviter cette inflation en sécurisant des prix fixes auprès de ses fournisseurs d’équipements dès la phase de budgétisation. Cette hausse des coûts va rendre les compagnies minières plus prudentes et les décisions prendront plus de temps, d’autant que l’obtention des permis nécessaires nécessite des périodes toujours plus longues. « Si tous les projets annoncés sont exécutés dans les délais, il y aura probablement un surplus de cuivre d’ici 3 à 5 ans », affirme le Chilien. Qui s’empesse d’ajouter « je ne suis pas sûr que cela se réalise ».


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