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La Chine remplace ses quotas de production de terres rares par des licences

Le 08 janvier 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Chine, Métaux critiques
Terres rares
Terres rares

Consommateurs et producteurs ont guetté en vain, fin décembre, la révision annuelle des quotas chinois de production de terres rares. Ceux-ci ont disparu, remplacés par une licence accordée par les autorités locales, qui suffit désormais pour exporter ces ressources minières stratégiques indispensables aux secteurs de la high-tech et des énergies renouvelables dont la Chine a le quasi-monopole.

 

Qu’est-ce qui a motivé la Chine à prendre cette décision attendue depuis 2010, lorsque la révision à la baisse de quotas établis depuis dix ans avait provoqué une crainte de pénurie organisée afin de faire grimper les prix ? S’en était suivi une plainte à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) déposée par l’Union européenne et à laquelle s’étaient associés 18 pays, des Etats-Unis à la Russie en passant par le Pérou et la Turquie.

 

Au risque de décevoir les thuriféraires du libre marché, la Chine n’a pas capitulé devant l’OMC. Elle réorganise seulement de façon pragmatique une filière sous-valorisée, entre autres sur le plan fiscal : Christian Hocquard, du BRGM, évalue à presque 50 % la part de terres rares chinoises exportées illégalement. Le nouveau système de licences va permettre d’appliquer une taxe à l’export, au moment où le pays organise la concentration de la production. Car les terres rares ont provoqué, depuis l’éclatement de la bulle de 2011, de grandes désillusions pour les producteurs comme pour les investisseurs.

 

Une illusion de monopole

 

En vérité, le monopole chinois est factice. Les producteurs chinois n’ont jamais atteint les fameux quotas. La Chine produit bien 90% des terres rares, mais elle ne possède que 30 à 50 % des réserves. Si le pays a mis la main sur cette manne, c’est parce que l’extraction est difficile, coûteuse et extrêmement polluante. Ce que la Chine avait sous-estimé, c’est que la hausse des prix et le spectre de pénurie réveilleraient l’imagination des pays consommateurs, qui ont mis en œuvre les moyens d’extraire ces sous-produits des mines existantes, organisé des filières de recyclage (comme la collecte d’ampoules basse consommation), ou profité du marché parallèle.

 

Surtout, le changement le plus significatif est déjà survenu en mars 2014: la Chine a inauguré la première bourse aux terres rares, à même de faciliter la constitution de stocks et, partant, le contrôle des prix par un cartel désormais parfaitement conforme aux règles de l’OMC.


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