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En Suisse, les prix du bois à l’export sont en baisse

Le 16 novembre 2011 par Lilly Thomann


Entretien avec Pierre Lancoud, directeur de La Forestière, coopérative de 450 propriétaires forestiers suisses, à Echandens, près de Lausanne.

Quelle est le rôle de La Forestière ?
Nous avons trois missions principales. La commercialisation du bois de nos 450 membres, la défense des intérêts de la propriété forestière et la promotion du bois.

Quelle quantité de bois est récoltée en Suisse ?
Le pays est composé à 31 % de forêts. Sur une croissance naturelle forestière de 10 millions de mètres cubes de bois chaque année, nous en récoltons 4,5 à 5 millions de mètres cubes.
 

Pourquoi ne récoltez-vous que la moitié ?
Pour des raisons économiques. Nous n’allons pas au-delà certains coûts. Pour chercher le bois situé en altitude, les moyens mis en œuvre, comme les hélicoptères par exemple, deviennent trop onéreux, parfois jusqu’à 160 francs suisses par mètre cube. Ça n’est pas intéressant.

Le marché du bois helvétique se porte bien ?
On a connu une crise assez grave cette année, liée à la valeur de l’euro, trop faible par rapport au franc suisse. Alors que la parité euro/franc suisse était à 1,60 il y a trois ans, on a atteint les 1,04 cet été. On devenait alors trop cher pour les scieurs européens, notamment les Français et les Italiens, nos principaux acheteurs.
Comme 15 % de notre bois est destiné à l’exportation, cette mauvaise conjoncture était vraiment problématique pour nous. En septembre, la Banque nationale a instauré un filet de protection qui devrait permettre de ne plus descendre sous les 1,20.
Mais nous avons dû baisser nos prix aussi à la même période entre 5 et 15 % pour redevenir attractif. Sur un an, en moyenne, on a assisté à une baisse de 12 % de nos tarifs, en suivant les conseils de la Commission officielle suisse. Maintenant, nous retrouvons nos acheteurs.

Pourquoi est ce que certains industriels français continuent à acheter en Suisse si les prix en France sont meilleur marché ?
Ça reste toujours un mystère pour moi aussi. Mais il semble tout de même que nous soyons irréprochables en terme de garantie de qualité et de délais de livraison.

Quelle perspective avez-vous de l’avenir sur ce marché ?
Je suis très optimiste. Les taux d’intérêts sont tombés à 1%, ce qui est très encourageant pour la construction. Les bâtiments en bois sont reconnus pour assurer une meilleure isolation. En Suisse, la surélévation en bois des toits est tendance.
En plus, la confédération veut sortir du nucléaire, il faudra donc trouver des énergies renouvelables comme sources de substitution. Le bois ne pollue pas, et ne laisse pas de trace carbone.
Par ailleurs, nous avons d’excellents partenariats avec les commerciaux français, surtout ceux situés près de notre frontière, en Haute-Savoie et en Franche-Comté. Nous n’allons pas beaucoup plus loin géographiquement. Les essais d’exportations vers la Chine se sont avérés très décevants il y a dix ans. Le bois est une matière volumineuse et pondéreuse qui fait monter les coûts de transport de manière foudroyante.
 


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