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La métallurgie russe en fusion

Le 20 janvier 2009 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  Rusal, BHP Billiton
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La constitution d'un combinat métallurgique et minier russe se concrétise progressivement. Six sociétés seraient sur le point de fusionner pour suivre la volonté de l'Etat Russe.

Depuis la proposition de fusion entre le géant russe du nickel et des platinoïdes Norilsk et l'aluminier russe UC Rusal, avancée par le patron de ce denier Oleg Deripaska, les plans de rapprochement pour créer le champion national cher aux dirigeants du pays se multiplient. Dernièrement c'est Interros, le holding de Vladimir Potanin qui contrôle un peu plus de un tiers de Norilsk, qui par la voix de Larisa Zelkova a émis l'hypothèse d'une fusion entre plusieurs géants de la mine et des métaux. Une précédente union avancée par Potanin incluait outre Norilsk et Uc Rusal, le groupe sidérurgique et minier Metalloinvest dont le principal actionnaire est Alisher Usmanov.

Ménage à six dans les matières premières

Selon le quotidien économique russe Vedomosti, le dernier plan fusion ne comprendrait pas Rusal, dont l'endettement est problématique, mais outre Norilsk et Metalloinvest, les groupes sidérurgistes et miniers Evraz et Mechel, le fabricant d'engrais Uralkali et le producteur de titane appartenant à l'Etat VSMPO-Avisma. Les 5 sociétés privées ont une dette combinée supérieure à 28 milliards de dollars et ont été parmi les principales bénéficiaires du programme d'aide mis sur pied par l'Etat russe. Selon le schéma préparé par les oligarques, l'Etat russe prendrait une participation dans la nouvelle société issue de la fusion à hauteur de 25% plus une action par l'intermédiaire du conglomérat Rostekhnologii. En échange il apporterait les 60% de VSMPO-Avisma qu'il détient et effacerait les 15 à 20 milliards de dollars que les sociétés doivent aux banques d'Etat russe ainsi que la dette d'UC Rusal, évaluée à 4,5 milliards.

Si ce montage particulièrement complexe se réalise, il aboutirait à la création d'un géant métallurgique et minier second en taille derrière l'australo-britannique BHP-Billiton avec un Ebitda de 22,3 milliards de dollars pour une capitalisation boursière comprise entre 70 et 100 milliards. « L'implication d'un grand nombre de sociétés servira avant tout à diminuer ses chances de réussite d'une transaction déjà fort complexe, les évaluations mutuelles étant le principal obstacle », souligne le broker Troika Dialog. Le gouvernement n'a pas l'intention de laisser ces entreprises tomber entre les mains de ses créanciers occidentaux, précise Sergei Donskoi, de Troika, mais cette fusion serait ingérable. Pour l'analyste d'UralSib, Michael Kavanagh, cette opération pourrait bien correspondre à une tentative de Potanin et Deripaska d'échapper à une opération similaire mise en place par le Kremlin avec des conséquences plus négatives pour eux.

Délicat de résister à l'Etat Russe

Interrogés par la presse russe, les porte-paroles de Mechel, Evraz, Rusal et Uralkali ont refusé de commenter l'opération. Metalloinvest cependant, préfère étudier son plan de rapprochement avec Norilsk et rappelle qu'il a déjà des projets communs avec Rostekhnologii. Rusal pourrait rejoindre le nouveau groupe une fois sa dette recapitalisée. Si les autorités russes insistent pour mener à bien ce rapprochement à grande échelle, il sera difficile aux oligarques lourdement endettés et dépendantes des banques d'Etat de résister. Même si la logique industrielle de fusionner des entreprises dont les productions ne sont pas complémentaires n'est pas évidente.


Daniel Krajka



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