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Mines
Le ministère indien de l’Environnement va fortement restreindre la production minière du pays qui devra augmenter ses importations de minerais.
Jairam Ramesh, le ministre de l’Environnement et des Forêts a multiplié les restrictions à l’exploitation minières du riche sous-sol du pays, indique Carl Firman un analyste de VM. Dans l’Etat de Goa, importante destination touristique, et en même temps région riche en minerai de fer, l’exploitation de ce dernier a été interdite. Mais c’est pour protéger les denses forêts indiennes que l’extraction du charbon est désormais limitée dans certaines régions. Malgré la forte augmentation des besoins en énergie du sous-continent, Ramesh a fait le choix de préserver les forêts et leurs habitants. Une décision également très politique puisque la guérilla maoïste Naxaliste trouve son soutien parmi les populations rurales très pauvres du centre et de l’est de l’Inde.

Une nouvelle loi minière devrait passer devant le parlement lorsqu’il fera sa rentrée le 22 juillet, remplaçant des textes qui datent de 1957. Cette nouvelle loi devrait aggraver la répression contre les mines illégales et offrir une part plus importante des profits miniers aux populations locales. Elle devrait également résoudre le conflit opposant le groupe minier indien, coté à Londres, Vedanta, aux autorités. Pour alimenter sa raffinerie d’alumine de Lanjigarth – dont la production doit grimper de 1 à 5 millions de tonnes (Mt) par an – le géant minier compte développer une mine de bauxite à Niyamgiri Mountain, dans l’Etat de l’Orissa. Pour cela des forêts seraient rasées, mettant en danger la survie des 8 000 derniers membres de la tribu de Dongria Kondh. Un développement qui a attiré les foudres des ONG internationales et provoqué le retrait du capital de Vedenta d’institutions britanniques et norvégiennes.
Dans le minerai de fer, le ministère n’a pas hésité à s’opposer au géant local de l’acier, le sidérurgiste appartenant à l’Etat, Steel Authority of India. Le ministère a refusé d’avaliser l’éclaircissement d’une forêt pour permettre le développement de la mine de fer de Gua. Pas question pour Ramesh de donner cette autorisation tant que la question d’une autre mine, à Chirla, n’aura pas été résolue. Cette mine se situe au milieu des forêts de Saranda, à cheval sur l’Orissa et le Jharkhand, région traversée par un important corridor, emprunté par les éléphants. Mais c’est une autre loi, destinée à préserver le minerai de fer visant à alimenter la sidérurgie indienne, qui est étudiée avec attention par les aciéristes chinois. Près de la moitié des 226 Mt de minerai de fer extraites en Inde l’an dernier ont été exportées vers la Chine. Tablant sur un quasi doublement de sa production d’acier d’ici à 2012, de 70 à 120 Mt, l’Inde n’autorisera l’exploitation de cette ressource qu’à des sidérurgistes intégrés, comme Posco ou ArcelorMittal qui ont de vastes projets dans le pays.
Ces restrictions de l’exploitation des richesses minières indiennes vont obliger les sociétés métallurgiques à investir dans d’autres pays. Elles devront imiter les sociétés chinoises, note CarlFirman , en assurant leur approvisionnement avec des investissements importants dans les nouveaux pays miniers. La présence indienne en Afrique, en Asie Centrale et en Amérique Latine devrait donc se développer, accroissant la concurrence pour des ressources limitées. L’arrivée en force de l’Inde va tendre les marchés de minerais, d’autant que dans le même temps elle réduira drastiquement ses propres exportations de minerai de fer, de charbon et de bauxite.
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