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Il n'y aura pas de champion national russe des métaux

Le 27 février 2009 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  Rusal, BHP Billiton

Le grand projet de résolution de l'endettement des grandes entreprises du secteur par leur fusion est abandonné par l'administration russe.



Le 26 février le président russe, Dimitri Medvedev, a eu une rencontre de 40 minutes avec les dirigeants des géants métallurgiques et miniers Uc Rusal et Norilsk, rapporte le quotidien Vedomosti, citant des sources proches des hommes d'affaires. Medvedev leur a fait part de sa décision d'abandonner le projet de création d'un champion national des ressources naturelles. L'entreprise minière diversifiée, capable de rivaliser avec les BHP Billiton, Rio Tinto et autre Vale, aurait été constituée par la fusion de plusieurs groupes autour du producteur de nickel et de platinoïdes Norilsk.

Selon différents plans, le groupe aurait intégré les sidérurgistes Metalloinvest et Evraz, le spécialiste des engrais Urakali, le mineur de charbon Mechel, et le producteur de titane VSMPO-Avisma. Une nouvelle mouture de la fusion voyait le pétrolier Russneft et Raspadaskaya remplacer Evraz et Mechel. Selon une source proche de Norilsk, le numéro deux du nickel génère assez de cash flow et n'est pas plombé par une énorme dette - 630 millions de dollars, un peu plus de 7% de sa capitalisation boursière - et devrait donc passer la crise seul beaucoup plus facilement qu'en fusionnant avec des sociétés qui ne pourront s'en sortir qu'avec l'aide de l'Etat russe. Oleg Deripaska et encore plus Vladimir Potanine, qui contrôlent respectivement 25 et 30% de Norilsk sont également soucieux de garder une  indépendance vis-à-vis de l'administration qui vient de leur imposer Vladimir Strzhalkovsky, un ancien des services, comme directeur général.

« Le refus de l'Etat de soutenir cette consolidation a envoyé un signal clair aux grands actionnaires de ces entreprises ; ils devront résoudre eux-mêmes la question de leur dette », a commenté la banque UralSib dans une note, soulignant que l'Etat n'était pas décidé à transformer ses créances en actions. Le Kremlin semble décidé à préserver ses réserves pour faire face à la première récession depuis 10 ans, plutôt que de se précipiter au secours des oligarques de la mine et des métaux. L'aluminier UC Rusal doit en particulier 16,3 milliards de dollars à ses créanciers, dont 7 milliards à des banques étrangères.  

Daniel Krajka

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