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Trop de papier

Le 02 septembre 2011 par Pascal Coesnon


Le papier souffre d’une chute de la demande et de stocks trop importants.

« Laissez tomber les petits papiers », comme le chantait Régine, le papier a le blues et les emplois du secteur vont valser. La demande européenne de papier a enregistré un ralentissement de la demande de 5,5 % en juillet par rapport à juin, et d’un recul de 3,3 % entre janvier et juillet par rapport à l’année précédente. De même, les exportations ont reculé de plus de 6 % en juillet. Les papiers d’impression et d’écriture ont été les plus touchés avec une chute des embarquements de près de 8 %, les papiers d’emballages ayant mieux résisté, indique le Foex dans son dernier rapport hebdomadaire. La consommation européenne de pâte à papier a également reculé de 2,7 % en juillet par rapport à l’année dernière, principalement le BHKP (Bleached Hardwood Kraft Pulp). Les embarquements de papier toutes catégories confondues ont chuté en juillet de 400 000 tonnes par rapport à juin, et de 2,5 % par rapport à juillet 2010, entraînant une augmentation des stocks des producteurs de pâte de cinq jours de consommation. Conséquence : la tonne de BHKP, qui s’échangeait en Europe au-dessus des 870 dollars à la fin juin, a reflué autour de 800 dollars le 30 août.
 
« L’industrie papetière doit faire face à de sérieux défis dus aux coûts des matériaux, de l’énergie et de la logistique, et d’une considérable  surcapacité», indique Jussi Pesonen, le président du finlandais UPM, le principal producteur mondial de papier magazine. L’entreprise vient d’annoncer son intention de réduire ses capacités de 1,2 million de tonnes de papier magazine en fermant des sites en Finlande, en Allemagne et en France, et de 110 000 tonnes de papier journal en Allemagne. De plus, le plan supprimera 1 170 emplois, sur les 24 500 employés dans seize pays. Les capacités totales de papier européennes, estimées à 51 millions de tonnes, seront réduites de près de 3 %. Markku Jarvinen, un analyste d’Evli Bank, estime que cette réduction devrait aider à stabiliser les prix de toute la filière papetière et « de permettre d’équilibrer l’offre à la demande en Europe ».
 
De son côté, Lecta, le deuxième producteur européen de papier couché, a annoncé d’importantes mesures de chômage partiel à sa papeterie de Condat, en Dordogne. La ligne de production 6, qui réalise le papier le plus épais et le plus coûteux, sera la plus touchée avec 20 000 heures chômées jusqu’en décembre prochain, sur un total de 33 000 heures. « Le recours au chômage partiel est rendu nécessaire en raison d’un contexte marché difficile, une augmentation des stocks et un prix des matières premières qui este élevé », explique la direction de Condat. En juillet dernier, Lecta a annoncé une augmentation de ses prix de 9 %, effective en septembre.

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