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Un fonds qatari enraye la fusion Xstrata-Glencore

Le 28 juin 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


 

La remise en cause des parités proposées par le projet de fusion entre les deux groupes jette une poignée de sable dans une mécanique qui semblait bien huilée. 

 

Si la presse spécialisée ne va pas jusqu’à évoquer une nouvelle « Tempête du Désert », la remise en cause par Qatar Hoding des termes de la fusion entre Xstrata et Glencore est bien le grain de sable qui bloque la machine. Première conséquence, les assemblées générales de Glencore et de Xstrata prévues les 11 et 12 juillet ont été repoussées. Une réunion d’urgence a eu lieu entre des représentants des banques-conseils de Glencore, Morgan Stanley et Citigroup, et les conseillers de Qatar Holdings, au siège de Lazard à Londres.

Selon le Financial Times, le patron de Glencore, Ivan Glasenberg, serait prêt à annuler le projet de fusion plutôt que d’accepter la parité – 3,25 actions Glencore pour 1 action Xstrata – proposée par le fonds qatari. Le directeur du fonds, Ahmed Al-Sayed, qui a dépensé plus de 4 milliards de dollars pour acquérir 10,4% du capital du mineur, affirme ne pas être troublé par la menace de Glasenberg. La demande des qataris a été saluée par d’autres fonds actionnaires comme Schroeders, ou Royal London Asset Management.

Autre souci pour Glencore, une cour de justice belge a condamné Glencore à une amande de 500 000 euros pour corruption. Le trader, et d’autres compagnies, a été jugé coupable pour avoir réglé une note de téléphone mobile de 20 000 euros et offert des vacances en France à un ancien haut-fonctionnaire européen, en échange d’information confidentielles. Ce dernier, Karel Brus, a été condamné à 40 mois de prison.

Sur l’autre front, celui de la prime de fidélité, les dirigeants de Xstrata ont rapidement accepté un compromis. Les 173 millions de livres qui ont été promis aux 73 dirigeants « indispensables » seront versés sous formes d’action, et non plus en numéraire, et seront liés aux performances du groupe, en particulier aux économies réalisées grâce à la fusion. Ils devront réaliser 300 millions de dollars d’économies en plus de 50 millions déjà prévues.

Si l’on inclut les opposants les plus affirmés nous estimons que ceux qui vont refuser la fusion représentent au moins 18% du capital de Xstrata, alors qu’avec juste 16,5% le projet de fusion est repoussé, expliquent les analystes de Liberum Capital. Pour Liberum, Glencore ne peut guère accepter de modifier les parités, à 3,25, la fusion diluerait de 10% les détenteurs d'actions Glencore, contre 4% estimés avec la parité initiale de 2,8.. L’échec de la fusion devrait entrainer une nouvelle baisse des cours des deux entreprises helvétiques, note les analystes de Jefferies. Xstrata est fragilisé par la faiblesse du marché du charbon thermique ainsi que par des risques géopolitiques au Pérou et en Argentine. En bourse, la parité entre les deux groupes est actuellement de 2,6, si Glencore ne peut accepter le taux de 3,25 demandé par Qatar Holding, un compromis à 3 est possible, estime Jefferies, qui estime que l’échec de la fusion n’est dans l’intérêt d’aucun des actionnaires des deux groupes. L’action Xstrata est actuellement au plus bas depuis octobre 2011 et celle de Glencore au plus bas depuis son introduction en bourse en mai 2011.



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