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Regain d'activité dans les fusions-acquisitions du secteur minier

Le 22 août 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Les OPA se multiplient dans l'or et le cuivre, mais elles sont pratiquement à l'arrêt dans le minerai de fer et le charbon.

 

Dans sa dernière étude trimestrielle sur les fusions-acquisitions réalisées dans le secteur minier, le groupe de conseil et d'audit EY a identifié 112 opérations pour une valeur globale de 9,5 milliards de dollars lors des trois mois d'avril, mai et juin 2014. Le nombre d'opérations affiche un recul de 21% par rapport au trimestre précédent et de 41% par rapport au deuxième trimestre 2013. La valeur combinée des opérations s'apprécie cependant de 33% sur un trimestre. Une hausse provoquée par le seul rachat du groupe aurifère Orisko Mining par Yamana Gold et Agnico Eagle, qui totalise 3,6 milliards de dollars. La valeur totale des opérations du premier semestre avait chuté sur un an de 69% à 16,7 milliards de dollars. Le reflux dure déjà depuis quatre ans, rappelle EY.

 

"L'activité dans le secteur est toujours prudente, en raison notamment du maintien de la discipline dans les investissements, mais aussi à l'absence d'urgence pour procéder à des opérations en raison du manque de concurrence pour s'emparer d'actifs", explique Lee Downham, le responsable du secteur transaction mines et métaux d'EY. Il note, toutefois, que pour ceux qui auraient le courage de s'engager à contre-cycle, il y a de belles opportunités. Les grandes compagnies minières diversifiées comme certains groupes aurifères, cèdent actuellement certains actifs pour réduire leur endettement ou se concentrer sur les produits qu'ils jugent les plus rentables. Ces gisements, souvent de bonne qualité, devraient attirer des acquéreurs, souvent des groupes de private equity, estime Downham. Les investisseurs financiers ont déjà procédé à 20% des opérations en valeur, précise EY.

 

Le dernier rapport de SNL Metals & Mining, consacré également aux fusions-acquisitions dans le secteur minier, mais incluant opérations réalisées et en projet, indique une augmentation de 56% du nombre de transactions au premier semestre par rapport à l'année précédente avec 117 transactions. Toutefois, la valeur combinée des acquisitions n'était que de 15% supérieure à celle de l'année précédente alors que la valeur estimée des gisements était de 21% inférieure. La somme moyenne déboursée par transaction n'était que de 113 millions de dollars, contre 153 millions lors du premier semestre 2013. De même, la valeur moyenne des minerais acquis, 4,55 milliards de dollars, avait été divisée de moitié. Il y a eu quatre opérations de plus de un milliard de dollars contre trois l'année passée.

 

Ce sont les opérations dans les mines d'or qui ont augmenté le plus rapidement, principalement celles concernant les projets peu avancés. Ces derniers étaient 32 sur un total de 75 fusions dans les mines d'or, alors que l'an dernier seuls 2 opérations concernaient des gisements non prouvés. Ce rebond confirme la politique de cession d'actifs secondaires des compagnies du secteur alors que les groupes disposant des capitaux nécessaires profitent du bas niveau des prix des mines d'or qui ne sont qu'à l'état de projets. Ce regain d'intérêt présuppose de nouvelles découvertes de filons et, à terme, une hausse de l'offre.

 

Les OPA dans le cuivre ont également rebondi avec 20 opération et 5,36 milliards de dollars pour une valeur estimée de minerais de 363,36 milliards, contre 11 transactions pour une valeur combinée de 1,21 milliard de dollars et 52,91 milliards de gisements l'année précédente. Une seule opération, la vente de Las Bambas à un consortium chinois mené par MMG, concernait 74,48 milliards de dollars de minerais de cuivre, d'argent, d'or et de molybdène. Par contre, la chute des prix du minerai de fer et du charbon a fortement réduit l'activité dans ces secteurs. Dans le minerai de fer, il n'y a eu que trois opérations pour 55,1 millions de dollars contre dix transactions pour 3,04 milliards au premier semestre 2013. Dans le charbon il n'y a eu aucune OPA.

 

 

Selon EY, les investisseurs privés focalisés sur le secteur minier ont accumulé entre 10 et 20 milliards de dollars pour procéder à des achats d'actifs. Ces capitaux devraient être investis dans les pays miniers traditionnels bénéficiant d'une législation minière stable, prévoient les analystes. Ils ne devraient pas se risquer dans les régions à risques géopolitiques élevés. Ils devraient se concentrer sur les projets les plus avancés mais ceux-ci sont nettement plus onéreux.

 


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