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Glencore aurait des vues sur Rio Tinto

Le 18 septembre 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Glencore, qui possède peut-être les meilleurs dirigeants, pourrait guigner Rio Tinto qui détient parmi les plus beaux actifs du secteur minier.


Le retournement de cycle dans l'industrie métallurgique et minière a fortement réduit la profitabilité des géants du secteur. Pour leurs actionnaires, plus question de croitre et de se diversifier, mais la règle ne semble pas s'appliquer à Glencore. Au lendemain de la vente à des groupes chinois de son projet cuprifère géant de las Bambas au Pérou, la firme de Zoug dépensait 1,35 des 5,85 milliards de dollars encaissés dans l'achat de Caracal, une petite compagnie pétrolière active principalement au Tchad. 
 
Pour satisfaire ses actionnaires, Glencore a racheté 1 milliards de dollars de ses propres actions, une opération destinée à faire remonter son cours. Une action en ligne avec les déclarations de son directeur exécutif, Ivan Glasenberg, qui n'avait pas hésité à fustiger les directions des grandes compagnies minières pour avoir privilégier la croissance à la création de valeur pour les actionnaires. Il détient lui-même 8% du capital de la société qu'il dirige. 
 
Le Financial Times, comme les grands titres des presses économiques d’Australie et d’Afrique du Sud, s'interrogent actuellement sur les objectifs d'acquisition potentiels de Glencore. Il y a quelques années Xstrata, depuis absorbé par Glencore, avait tenté de mettre la main sur Anglo American qui n'a guère su profiter du cycle haussier des matières premières. Mais Ivan Glasenberg a été prompt à écarter toute ambition dans des secteurs que son groupe ne commercialise pas, comme les diamants et les platinoïdes, deux des points forts du groupe sud-africain. Glencore a même l'intention de liquider sa participation dans Lonmin, le troisième producteur de platine. Une fusion entre les deux groupes se heurterait aux autorités de la concurrence en raison de son poids trop important dans le charbon thermique. Resteraient le cuivre et le minerai de fer qui ne représentent pas plus d'un tiers de la valeur d'Anglo. 
 
Glen-Tinto le futur numéro un ? 
 
Par contre, les activités de Glencore et celles de Rio Tinto sont complémentaires. Le groupe anglo-australien tire l'essentiel de ses profits de l'exploitation de ses mines de fer, un domaine dans lequel Glencore est pratiquement absent. "Ils aimeraient entrer sur le long terme dans le minerai de fer sans dépenser les sommes considérables nécessaires à un investissement greenfield", souligne Tim Schroeders, le gérant du fonds Pengana Capital. La capitalisation de la cible potentielle est certes sensiblement supérieure à celle du possible prédateur – respectivement 110 et 85 milliards de dollars – mais le groupe de Zoug dispose d'importantes facilités de crédit qui pourraient satisfaire les actionnaires de Rio. 
 
"Le minerai fer combiné au trading serait la martingale gagnante de Glencore", estime l'expert du BRGM Christian Hocquard, soulignant l'importance que vont prendre les marchés à terme pour l'intrant de l'acier. Ivan Glasenberg a toujours été un "contrariant", avançant à l'encontre de ce que font ses concurrents. Il dispose aujourd'hui, pour réaliser ses ambitions, du plus important volume de liquidités parmi les grandes compagnies du secteur minier et la capitalisation boursière de son groupe s'est sensiblement appréciée, à l'inverse de celles de ses concurrents, minées par la chute des cours du minerai de fer. Les actions Glencore pourront servir de monnaie d'échange dans une transaction qui se fera en papier et en cash, pointe l'économiste géologue. 
 
"Un ensemble Rio Tinto-Glencore créerait des positions dominantes sur les marchés du minerai de fer, du cuivre, du nickel, du zinc et du charbon, ainsi que des possibilités significatives autour de métaux et de minerais moins importants", commente Paul Gait, un analyste senior de Bernstein Research. Ce serait  effectivement la plus importante compagnie minière, surpassant BHP Billiton, jusqu'à présent le numéro un incontesté.  
 
Contrairement à ses grands rivaux – Rio, BHP et Vale – Glencore ne dispose pas des riches gisements géants comme ceux de Carajas au Brésil ou du Pilbara en Australie. Société de trading à l'origine, Glencore arrivé plus tard dans les mines, a été obligé de compenser la relative pauvreté de ses actifs par une gestion plus efficace. La réunion de cette direction "qui a dû travailler plus dur" et des riches gisements de Rio offrirait aux actionnaires "le meilleur de deux mondes", estime Tim Schroeders. Critiquant la gestion précédente de Xstrata, Glencore vient de confier à BT la gestion de l'ensemble de ses moyens de communication. Les traders seront ainsi connectés aux sites de production et d'extraction les plus éloignés, un moyen supplémentaire de rentabiliser la particularité d'un groupe intégré depuis l'extraction du minerai jusqu'à la commercialisation du métal. 
 

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