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Le minerai de fer fait des étincelles

Le 12 mars 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  BHP Billiton


Le bras de fer annuel pour fixer le prix du minerai de fer tourne à l’avantage des mineurs contre les sidérurgistes.

 

Les négociations annuelles pour fixer le prix du minerai sont actuellement interrompues, mais la volonté des mineurs de rapprocher le prix de référence du prix de base a entrainé des réactions plus que négatives de leurs clients. « L’industrie européenne de l’acier est scandalisée par l’annonce d’une augmentation massive des prix du minerai de fer décidée par les mineurs, de 80 à 90% par rapport aux prix actuels des fines, et encore plus pour les lumps et les boulettes ». Cette déclaration d’Eurofer, l’Association des sidérurgistes européens, résume les craintes de la sidérurgie mondiale face à trois mineurs qui contrôlent l’essentiel du commerce global du minerai de fer. Cette hausse porterait le prix du minerai à un niveau supérieur au record établi en 2008.

 

Alors que l’industrie de l’acier se remet difficilement des conséquences de la plus rude « crise financière et économique depuis les années 1930 », Eurofer semble en appeler aux gouvernements européens. Ceux-ci sont appelés à prendre la mesure des conséquences de la hausse annoncée tant pour la sidérurgie que pour les industries consommatrices d’acier. Les coûts des intrants de l’acier – minerai de fer, charbon à coke, ferrailles – devraient augmenter de 150% confirme Jim Lennon de Macquarie Research. Les aciéristes chinois seront obligés d’accepter ces hausses, estime l’analyste, qui souligne qu’ils transfèreront ces augmentations sur le prix de l’acier et donc aux industries consommatrices. En Europe, les laminés à chaud pourraient augmenter d’une centaine d’euros pour grimper à 550 euros par tonne.

 

Eurofer, qui continue à se battre contre le joint-venture dans la région de Pilbara entre Rio Tinto et BHP Billiton – une association qui réduirait de trois à deux le nombre d’acteurs contrôlant le marché du minerai de fer – ne peut encaisser le fait que ces énormes hausses sont décidées par les grands mineurs diversifiés qui au pire moment de la crise affichait des marges d’ebit de 50% par tonne de minerai. Le directeur général d’Eurofer a confié au Financial Times que c’était Vale, le brésilien premier producteur mondial, qui proposait une hausse de 80-90% pour les fines et de plus de 100% pour les lumps et les boulettes.

 

Les prix spot du minerai de fer sont actuellement du double du prix de référence négocié l’an dernier entre mineurs et sidérurgistes. Les mineurs s’appuient sur cette tendance, tirée par les formidables besoins de la sidérurgie chinoise, pour réclamer des augmentations proches désormais de 100%. Signe de cette puissance de la demande asiatique, l’ABARE vient d’annoncer de nouvelles hausses des exportations australiennes pour 2010-2011. L’organisme prévoit une augmentation de 8,5% des ventes du pays à 397 Mt. Dans le même temps, le deuxième pays exportateur, le Brésil devrait voir ses livraisons bondir de 13% à 305 Mt.

 

Il semble que dans ce contexte le système de fixation d’un prix annuel de référence, vieux d’une quarantaine d’années, a fait long feu. Après BHP Billiton, qui a imposé un prix trimestriel pour le charbon à coke, et désire en faire autant avec le minerai de fer, c’est Vale qui a prévenu certains de ses clients chinois qu’il ne désirait plus vendre son minerai sur une base annuelle, rapporte le Metal Bulletin. Une nouvelle qui a été confirmée par la presse financière chinoise. Selon Reuters, une proposition analogue a été faite aux sidérurgistes japonais.


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