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"Les prix du blé sont amenés à remonter"

Le 08 octobre 2014 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN 

Entretien avec Renaud de Kerpoisson, président-fondateur d’Offre & Demande Agricole.


Comment expliquez-vous la baisse de la plupart des produits agricoles enregistrée ces derniers mois ?
Depuis trois mois, cette baisse est liée au fait que les récoltes sont globalement très abondantes dans l’hémisphère Nord, avec une hausse sensible des stocks (sur le blé, environ 10 millions de tonnes). Nous sommes surtout en présence d’une récolte record de maïs aux Etats-Unis, avec des rendements jamais vus. Cette céréale met énormément de pression sur le marché. Le deuxième élément est d’ordre technique, avec de très bonnes récoltes en Russie mais des capacités de stockage insuffisantes dans ce pays. Pour préserver les qualités de leur blé, les Russes ont d’emblée mis en vente d’énormes quantités sur le marché international, et ont réalisé des exportations record en cassant les prix en juillet-août.
 
Comment analysez-vous les problèmes de qualité d’une partie des blés français ?
Ce sont des problèmes de pré-germination, qui empêchent une panification. Les acheteurs ont eu peur d’acheter, via les livraisons sur Euronext, un blé meunier qui n’est pas de qualité meunière. Par conséquent, Euronext a davantage côté un blé fourrager. Or, étant donnée l’abondance du fourrage cette année avec le maïs, les prix ont considérablement chuté. Ce problème de spécification du contrat va générer de la défiance dans les mois à venir sur le contrat blé meunier coté à Paris.
 
Cette situation est-elle amenée à durer ? 
Nous ne le pensons pas. Les marchés vont rebondir, car les coûts de production ne sont pas couverts ni pour cette année, ni pour l’année prochaine au vu des prix cotés sur Euronext pour novembre 2015. Dans ce contexte, les surfaces cultivées sont amenées à diminuer. Les agriculteurs ne vont pas aller chercher le quintal marginal : ils vont mettre moins d’engrais, faire des impasses sur les produits phytosanitaires… L’an prochain, la production de blé sera inférieure d’environ 8 millions de tonnes (Mt) par rapport à cette année et plus s’il y a un incident climatique. La production diminuerait donc, pour une consommation qui s’accroit chaque année d’environ 11 Mt. Les stocks baisseraient en conséquence. Une cotation pour novembre 2014 vaut 150 euros, et pour novembre 2015 170 euros. Les agriculteurs peuvent donc différer leurs ventes pour gagner 12 % de plus. Il s’agit d’un nouvel élément de tension pour le marché. Néanmoins, même à 170 euros par tonne, les coûts de production ne sont toujours pas couverts pour la récolte 2015.
 
Quelles sont vos prévisions de production en blé pour la campagne 2015-2016 ?
Nous prévoyons une production mondiale de blé de 711,8 Mt contre 718 Mt cette année, en raison de coûts de production supérieurs aux prix de vente et parce que nous avons peu de chances d’avoir d’aussi bonnes conditions climatiques que cette année. Différents modèles météo annoncent un hiver particulièrement froid. Ces estimations sont très prudentes. La consommation est prévue à 720 Mt, tandis que les stocks seraient en baisse.


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