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Les prix des matières évolueront au rythme des nouvelles macroéconomiques

Le 12 mai 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien


ENTRETIEN  Entretien avec David Wilson, directeur de la recherche métaux de la SG, basé à Londres

Comment expliquez-vous la vive correction qui a frappé la semaine dernière les matières premières, en particulier les métaux de base ?

Il y a eu la conjugaison de plusieurs facteurs, mais le déclencheur a été la décision de la BCE de ne pas remonter son taux directeur, ce qui a entraîné un rebond du dollar. Les marchés étaient déjà sous pression, subissant le contrecoup des inquiétudes provoquées par le  ralentissement de la croissance chinoise liée à une bouffée d’inflation alors que la décision de Standard & Poor’s de mettre la dette américaine sous observation a encore ajouté à l’inquiétude. La chute des prix du  5 mai a été accélérée par le rétropédalage des fonds d’investissements, en particuliers des CTA (commodity trading advisors).

A l’opposé, en début d’année, les cours du cuivre étaient poussés à la hausse par les piètres résultats de production des grandes sociétés cuprifères au quatrième trimestre alors que la perspective d’une irruption massive des nouveaux fonds indiciels (ETF) sur les métaux de base amplifiait l’attente de hausse des prix. Le fait que la montée en puissance des ETF sur les grands métaux de base ne se soit pas matérialisée a peut-être écarté l’une des bases de la tendance haussière. On peut argumenter que les marchés ont surréagi aux mauvaises informations macroéconomiques, mais l’habituel rebond a été très modéré.

 

Où en sont les fondamentaux ?

La demande de métaux industriels pour le deuxième semestre de 2011 va s’affaiblir comme le montrent les indicateurs avancés PMI, globalement en baisse en avril. Toutefois, la situation globale n’est pas si mauvaise : la plupart des PMI sont encore au-dessus de 50, principalement en Chine, aux Etats-Unis, en Allemagne et même en France, ce qui annonce un niveau de soutien correct pour la croissance de la demande de métaux. En Chine, les dernières statistiques indiquent une baisse des importations de cuivre brut de 14% par rapport au mois précédent. Ce qui a déjà été en partie compensé par une forte croissance de la production intérieure de métal raffiné. Mais les perspectives de la demande sont inquiétantes. Par exemple, nous avons appris que le budget d’investissement ferroviaire chinois avait été réduit pratiquement de moitié (3300 milliards de yuans). Les dépenses d’infrastructures ont été l’un des facteurs majeurs de la demande chinoise de métaux en Chine. Les évolutions de prix lors de la semaine précédente ont été plus tirés par les événements macroéconomiques que par des changements  dans les fondamentaux des marchés. Toutefois, étant donné la nature toujours plus anticipatrice des prix des métaux, nous pensons que l’attente grandissante d’une importante hausse de l’offre minière de cuivre à partir de 2012-2013 préviendra une remontée du prix du métal rouge vers les sommets touchés récemment.

 

L’augmentation des coûts de production soutient-elle toujours les cours ?

Il faut garder à l’esprit, concernant les nouveaux projets miniers, que le plus facilement accessible a déjà été extrait. La nouvelle génération de projet sera plus difficile – en termes de logistique, de politique, de technologie…– et plus coûteuse. Mais le niveau actuel des prix, 9 000 dollars pour une tonne de cuivre, est suffisant pour motiver les investissements. Il ne faut pas cependant oublier qu’il y a un long délai entre la mise en projet d’une mine et sa mise en activité. Les nouvelles mines, qui vont démarrer en 2012-2013, sont pour une bonne part la réaction au haut niveau de prix constaté entre 2006 et 2008. Les nouvelles décisions prises en réaction au récent niveau record de prix, ne se transformeront pas en métal avant 2020, car il faut un temps long pour développer les nouveaux projets miniers.

 

Avez-vous modifié vos prévisions pour 2011 ?

A la SG, nous préparons actuellement un nouvel ensemble de prévisions de prix. En ce qui concerne les métaux de base, j’attends une forte volatilité. L’aluminium sera le métal le mieux soutenu, le nickel étant celui qui a les fondamentaux les plus faibles, le zinc et le plomb se situant entre les deux. Le cuivre évoluera dans une fourchette comprise entre 7 500 et 9 500 dollars. Les prix continueront d’évoluer au rythme des nouvelles macroéconomiques.

Vers la fin de 2012, le marché du cuivre devrait évoluer de l’équilibre vers un surplus provoqué par la croissance de la production minière, qui impactera les prix plus tôt. La production des nouveaux projets fera plus que compenser l’affaiblissement de l’offre provoquée par la baisse de teneur du minerai des grandes mines déjà en opération.  

 

Propos recueillis par Daniel Krajka

 


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