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La sidérurgie chinoise doit se concentrer

Le 23 février 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien, BHP Billiton


ENTRETIEN  Christian Mion, associé de la Global Mining Team d’Ernst & Young

 

Après la chute de 2009, les opérations de fusion-acquisition dans les secteurs métallurgiques et miniers vont-elles redémarrer en 2010 ?

En 2009, si le nombre d’opérations a continué d’augmenter, 1 047 contre 919 en 2008, leur valeur combinée s’est réduite de plus de moitié, tombant de 126,9 à 60 milliards de dollars. Pour 2010 il ne faut pas attendre de reprise spectaculaire, mais les grands mineurs – BHP Billiton, Rio Tinto, Vale – disposent de suffisamment de moyens pour réaliser des acquisitions de taille moyenne, d’une valeur de quelques milliards de dollars.

 

Qu’en est-il du rapprochement entre Xstrata et Glencore ?

Glencore est aujourd’hui bien plus qu’un trader et dispose d’actifs miniers particulièrement intéressants, directement dans des mines ou dans de grandes sociétés. Xstrata de son côté devrait devenir rapidement un acteur beaucoup plus significatif du secteur. Une fusion entre les deux ferait sens, même s’il reste à résoudre le mode opératoire d’une telle opération.

 

Le mode de financement des acquisitions a été bouleversé, le retrait des banques est-il définitif ?

En 2009 la part des prêts bancaires dans le financement des opérations de fusion-acquisition est tombée à 2%, contre plus de 50% en 2008. Les modes de financement devront être plus variés. On voit apparaitre de nouveaux acteurs, des fonds dédiés, des fonds souverains, chinois bien sur, mais également asiatiques ou moyen-orientaux. Avec la fin du crédit bancaire à bas coût, on assiste à un retour des introductions en bourse et à des fusions où les actions ont remplacé le cash comme monnaie d’échange. Dans ce contexte plus difficile ce sont les rapprochements amenant de vraies synergies qui seront favorisés.

 

Les entreprises chinoises vont-elles continuer de jouer un rôle toujours plus important dans la concentration du secteur ?

En 2009 les opérations menées par les entreprises chinoises ont représenté 16,1 milliards de dollars, soit 27% du montant global des fusions-acquisitions. Si la majorité de ces opérations se sont déroulées à l’extérieur, 29% de leur valeur globale se sont effectuées entre compagnies chinoises.

Aujourd’hui, contrairement au secteur aurifère, la sidérurgie chinoise est encore très éclatée. La volonté du gouvernement central de restructurer le secteur et de faire émerger des champions nationaux s’est heurtée à la politique des autorités provinciales, désireuses de protéger les entreprises locales. Mais, la stratégie de rapprochement dans le minerai de fer entre les deux grands acteurs anglo-australiens que sont BHP Billiton et Rio Tinto a modifié la donne. Face à l’émergence de ce qui peut apparaître aux yeux de certains comme un « quasi duopole » dans le commerce du minerai de fer – Vale et la coentreprise dans le Pilbara de BHP et Rio – assurant les deux tiers de l’offre, les aciéristes chinois, et leurs concurrents étrangers, ont pris conscience d’une menace. Ce sont les sidérurgistes chinois eux-mêmes qui vont sans doute accélérer le mouvement de concentration. D’ici cinq à dix ans cette restructuration et concentration sera achevée avec la création de champions nationaux, rivalisant avec les plus grands.

 

 


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