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Une presse cisaille hors-normes pour les ferrailles

Le 27 avril 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Recyclage, Ferrailles


Le recycleur Hourquet va plus que doubler ses capacités de production en utilisant une nouvelle presse cisaille de 1750 tonnes de puissance de coupe.

Il aura fallu un an de conception et de fabrication à la firme spécialisée dans la presse cisaille hydraulique Comex, pour livrer  – six convois exceptionnels et six semi-remorques ont été nécessaires au transport d’un machine de 460 tonnes – son dernier né, la CVB1750t, au recycleur Hourquet & fils. Installée à Ponson, près de Pau (64), cette machine de 30 m de long, 9 de haut et 8 de large, pourra, grâce à une caisse de compression de plus de 60 m³ cumulant des puissances de 3x250 t de poussée transversale, compacter et cisailler un wagon entier. Pas moins de 5 000 heures de découpage au chalumeau par an seront économisées par le recycleur qui pourra doubler sa production à 4 000 tonnes par mois, avec une capacité maximale de 10 000 tonnes. Dotée de 8 moteurs électriques de 90 kW, la machine devrait économiser 20 % du budget énergie du recycleur, tout en bénéficiant d’une vitesse de coupe supérieure de plus de 20 % par rapport à l’ancienne machine pour une même puissance installée.

Hourquet & Fils, l’ambition d’un recycleur

Hourquet et fils est une société familiale créée en 1985 par Alain Hourquet, lui-même fils de récupérateur, et qui a fait ses classes en travaillant chez CFF. Elle emploie 20 salariés sur son site de Ponson, près de Pau, pour un chiffre d’affaires 5 à 6 millions d’euros. Environ 25 000 tonnes de ferrailles y sont traitées annuellement.
Le site a deux spécialités, le recyclage des ferrailles et la démolition d’usines spécialisées dans la pétrochimie.
Lavés, mais encore imprégnés de matières volatiles, ces réservoirs de grandes tailles étaient jusqu’à présent découpés au chalumeau, une opération complexe, pénible et parfois dangereuse. Ces réservoirs particulièrement résistants sont construis en acier au carbone ou en acier inoxydable, deux matières recyclable, ou en fibres de verre, qui finissent en déchets.

Cet investissement majeur a été décidé par l’entreprise familiale en décembre 2008. C’est l’entreprise spécialisée Copex qui a été choisie pour réaliser cette presse-cisaille qu’elle qualifie elle-même d’hors-normes. L’entreprise avait acheté il y a 13 ans une cisaille hydraulique chez ce fabricant et avait été particulièrement satisfaite du service après-vente. De plus, souligne Alain Hourquet, ils étaient prêts à accéder à nos besoins précis. Nos banques, – Oseo et la caisse régionale du Crédit Agricole – qui nous connaissaient bien ont pris la décision de financer notre achat en 10 jours. Il faut dire que n’ayant plus d’autre remboursement à effectuer, le montant de nos règlements n’excèdera pas celui auquel nous étions habitué.
La mise au point de la machine a pris 3500 heures, intégrant des modifications demandées par le recycleur. Son groupe hydraulique comprend ainsi deux pompes pilotées supplémentaires qui améliorent la précision de la coupe et donc diminue l’usure de l’outil.

« La puissance de compactage de cette machine va nous assurer de nouveaux débouchés », explique Alain Hourquet. L’objectif à terme de cet investissement d’ici à cinq ans est de plus que doubler notre volume, de 50 à 60 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires annuel compris entre 10 et 15 millions d’euros. Pour optimiser les capacités de notre presse-cisaille nous comptons sur des partenariats avec nos confrères de la région qui complèteront son utilisation.
Nous allons également agrandir le rayon de notre intervention dans la région, profitant notamment de l’allongement de l’autoroute qui mène à Bordeaux.

Les premiers tests sur 10 jours de la machine indiquent une capacité de traitement quotidienne de 80 à 100 tonnes. Pour optimiser son utilisation nous allons embaucher un technicien spécialisé et un grutier. Les ouvriers spécialisés dans le chalumage seront reconvertis dans d’autres tâches, notamment dans le découpage sur nos chantiers de démolitions.
Les principaux débouchés pour les ferrailles récupérées et préparées par Hourquet sont les aciéries électriques du Pays Basque espagnol – ArcelorMittal et Celsa – ainsi que l’usine de Bayonne qui appartient également à Celsa.

Copex, un champion du cisaillage de ferrailles

Depuis sa création en 1948, Copex s’est spécialisé dans la presse cisaille hydraulique. Plus de 750 machines sont actuellement en fonctionnement dans le monde, après avoir été fabriquées  par la firme de Caudan, près de Lorient (56), à la fois concepteur et constructeur. Une centaine de salariés assurent une production annuelle d’une centaine de machines, nous a expliqué Nicolas Bourbey, responsable commercial de l’entreprise.
La production se divise en cinq types de presses-cisailles fixes identifiées par leur puissance de coupe (800, 1 000, 1 350, 1 750 et 2 200 tonnes), deux de taille intermédiaire à volets (630 et 800 tonnes) et deux mobiles (500 et 630 tonnes). La CVB1750T installée chez Hourquet & Fils est la plus importante machine installée depuis cinq ans. Bénéficiant des derniers progrès technologiques en termes d’hydraulique et d’informatique, sa productivité a doublé par rapport aux modèles précédents.
Des capteurs intégrés aux vérins permettent des mouvements combinés du tasseur et de la cisaille. La vitesse de cisaillage en est doublée à six coups minute, le double de la vitesse classique. En gérant chaque paramètre, l’outil informatique assure de la souplesse et surtout fait disparaitre les goulets d’étranglement de la production.
Les opérations, fortement automatisés, sont commandées par un écran tactile et par deux joysticks au maniement relativement intuitif, simple et ergonomique. Le système est doté d’un code panne permettant le diagnostic à distance. La majorité des incidents sont ainsi résolvables depuis Caudan. C’est Hourquet qui a géré l’installation de cette machine d’un poids de 460 tonnes, selon le plan guide génie civil fourni par Copex.

Alain Hourquet, qui doit traiter des cuves de très grandes tailles, a choisi cette machine pour sa force de compression. Cette capacité à compacter des volumes importants permet de viser le marché des chantiers de démolition de navire, où cette presse-cisaille remplacerait avantageusement le chalumage manuel.
Son autre point fort est une capacité de traitement qui peut grimper à 100 tonnes par heure, pointe Nicolas Bourbey. Cette caractéristique peut intéresser des aciéristes qui doivent eux-mêmes assurer leur approvisionnement et le traitement de leurs ferrailles, dans des pays où le secteur du recyclage est insuffisamment développé. Cette capacité productive permet de réduire les stocks, une mesure primordiale dans un contexte de forte volatilité des prix des ferrailles. Par rapport à des machines de 1 000 tonnes de puissance de coupe qui peuvent traiter 45 tonnes de ferrailles par heure, le coût d’exploitation à la tonne est réduit de 30%, assure Copex. Son surdimensionnement lui assure également une usure réduite.
Cette machine nous sert de « vitrine technologique », explique Nicolas Bourbey, qui admet l’ambition de Copex de développer ses ventes en Asie. En 2008 la firme avait déjà gagné un important marché au Kazakhstan.

Installée sur un créneau très particulier, la firme a peu souffert des conséquences de la crise financière qui a lourdement impacté ses clients recycleurs. Son chiffre d’affaires en 2009 n’a reculé que de 8,60% par rapport à l’année précédente à 18,3 millions d’euros, en hausse de 15,36% par rapport à celui de 2007. Elle a dégagé une marge brute de 48,8% en 2009 pour un résultat net de 0,5 million d’euros. Son programme d’investissement pour 2010, 0,4 million, sera toutefois en retrait par rapport au 0,6 million d’euros de 2009.

Le principal concurrent de Copex est Metso Lindeman, la filiale allemande de Metso, le géant finnois des machines destinées aux industries extractives, papetières, énergétiques et de la construction.  

 

 

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