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Les ferrailles dérouillent

Le 04 novembre 2009 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Recyclage, Ferrailles


TSR

Les inquiétudes sur la solidité de la reprise de la demande de métal recyclé ont assombri la réunion annuelle du recyclage organisée par le BIR.

Le BIR (Bureau of International Recycling) a tenu sa réunion annuelle à Amsterdam les 26 et 27 octobre. C’est l’occasion de faire le point sur un secteur qui a particulièrement souffert de l’effondrement de la demande de métaux provoqué par la crise financière.  

 

L’atmosphère générale n’était pas trop joyeuse, indiquait un participant, notant toutefois que la catastrophe attendue n’avait pas eu lieu. Un responsable d’un syndicat professionnel ironisait sur l’état des assistants à l’assemblée « à ramasser ». Et pourtant « le pire est derrière nous », tentait de rassurer Thomas Ludwig, le directeur général de Klöckner & Co, soulignant que l’activité industrielle européenne avait touché le fond en avril et que l’on pouvait attendre une légère amélioration en 2010. Si les sidérurgistes augmentent leur production au cours de la fin de l’année, la demande réelle d’acier reste à un niveau bas, rappelle-t-il, notant qu’il faudra peut-être « plusieurs années pour que la consommation d’acier retrouve son niveau de 2007 ».

 

« Une année de crise avec des réductions de production de plus de 40% ont certainement laissé leur marque sur la situation financière de nos clients », renchérit Markus Barg, de TSR Recycling. « Les marges des sidérurgistes semblent saines, mais il manque les volumes », ajoute-t-il. Pour les huit premiers mois de l’année, la consommation de ferrailles a chuté de 40% par rapport à 2008, à 45 millions de tonnes (Mt). Dans le même temps, les exportations ont reculé de 20% à 6,5 Mt. Les principaux acheteurs, les aciéristes turcs, ont diminué de 39% leurs commandes qui approchent cependant les 3 Mt.

 

La puissance et la durabilité du rebond de l’économie ont particulièrement préoccupé de nombreux intervenants. Christian Rubach, président de la division métaux ferreux du BIR et l’un des responsables d’Interseroh Hansa Recycling, résume ainsi les inquiétudes : « jusqu’à présent, il (le rebond de l’économie) semble ou induit par le restockage, ou par les différents programmes gouvernementaux de stimulation de l’économie ». La question des capacités en sommeil est toujours une « question majeure » dans la sidérurgie et, malgré la consolidation, les prix des produits « ne devraient pas regrimper à des niveaux acceptables dans le futur proche », estime Blake Kelley, de Sims Metal Management, soulignant que « des volumes plus bas accroissent les difficultés pour les recycleurs et les producteurs d’acier à amortir leurs coûts ».  

 

En octobre, les prix en France ont continué de décliner, enregistrant de nouvelles baisses d’environ 40 euros par tonne. Au troisième trimestre, les ventes avaient été soutenues par les achats chinois mais, depuis septembre, le soufflé est retombé. Le rebond de l’activité attendu après le Ramadan dans le Maghreb et dans le Golfe n’a pas eu lieu, nous a expliqué un participant. L’activité ne devrait pas redémarrer d’ici à la fin de l’année car les consommateurs comme les producteurs ont pris l’habitude de réduire au max imum leurs stocks pour leur bilan de fin d’année.

 

A l’exportation, la situation des Européens a été aggravée par la concurrence des recycleurs américains qui bénéficient de la faiblesse du dollar. Les aciéristes turcs ont ainsi profité de la faiblesse du billet vert pour acheter 450 000 tonnes de ferrailles aux Etats-Unis. Jugeant leur marge insuffisante sur leurs ventes de ronds à béton, les aciéristes turcs insistent pour obtenir de nouvelles réductions des prix des ferrailles avant de revenir à l’achat en Europe. Les cours des billettes cotées sur le LME, actuellement en baisse, reflètent bien l’évolution du marché, alors que les sidérurgistes ne hâtent pas le redémarrage des capacités en sommeil. Un recycleur explique compter les sidérurgistes qui, pour justifier les hausses de prix de leurs produits, provoquent traditionnellement des augmentations des prix des ferrailles.

 

François Selton, le coordinateur ferrailles du groupe Derichebourg, confirme la tendance baissière pour le mois de novembre. Il met cependant en garde contre de trop fortes baisses soulignant que les prix pratiqués « approcheraient alors du seuil de rupture ». Un autre problème important, rappelle-t-il, est la « décorrélation » entre les valeurs du tableau N1700 (Ferrailles prix moyens mensuels constatés, franco usines consommatrices françaises, fournis par l’UCFF) et les évolutions du marché. Suite à une minoration récurrente des baisses de prix, « l’écart se creuse avec les prix pratiqués », affirme-t-il.

 

Pour suivre l’évolution des prix des ferrailles, voir les tableaux Q0601 et N1700.


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