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Trafigura met fin à un contrat d’échange de pétrole brut au Nigeria

Le 20 janvier 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Pétrole
Centre de stockage de pétrole d'Aba au Nigeria
Centre de stockage de pétrole d'Aba au Nigeria

Après l'annonce de son adhésion à l’ITIE, la société internationale de négoce basée en Suisse continue son opération « mains propres » en mettant fin à un contrat d’échange de produits raffinés contre du pétrole brut nigérian effectif au moins depuis 2010, selon des informations du journal suisse Le Temps.

 

Trafigura n’échange plus de produits raffinés (essence, kérosène…) contre du pétrole brut au Nigeria, a affirmé une source proche de la firme au quotidien suisse : « les dernières livraisons ont eu lieu en décembre ». Le troisième acteur mondial du négoce de brut avait mis en place ce contrat de swap (échange de produits sans contrepartie financière) avec une filiale de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), lorsque celle-ci avait décider d’allouer des quotas de sa production  - qu’elle n’arrivait pas à raffiner sur place - contre des carburants qui font cruellement défaut à ce pays en pleine expansion.

 

Rien n’interdit de tels contrats, mais ceux-ci ont mauvaise réputation car ils ne passent par aucun organe de régulation du réseau bancaire, aucune somme d’argent n’étant échangée. Cette rupture de contrat intervient quelques mois après que Trafigura a – comme Glencore avant lui – été l’un des premiers groupes de négoce à rejoindre l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui exige de ses signataires qu’ils déclarent l’ensemble de leurs paiements et revenus aux Etats dans les secteurs minier et des hydrocarbures, compagnies nationales comprises.

 

Les contrats pétroliers du Nigeria, premier producteur africain, sont actuellement sous haute surveillance des banques qui financent les sociétés de négoce. Le pays a récemment fait l’objet de plusieurs rapports d’ONG pour l’opacité de sa gestion des revenus pétroliers nationaux.

 

Or  les relations de confiance des groupes de négoce avec leurs banques (Trafigura en a 135 au dernier décompte, dont 22 relations bancaires établies en 2014) sont indispensables, ces groupes mobilisant chacun une centaine de milliards de dollars par an. « Nous considérons que l’accès aux capitaux confère un avantage concurrentiel à une société de négoce » explique Jeremy Weir, directeur général de Trafigura, lors de la présentation du rapport annuel du groupe. Trafigura indiquait début décembre 2014 n’avoir aucune difficulté de financement : le négociant affirme détenir 17 milliards de dollars de lignes de crédit disponibles (sur 46 milliards au total). Mais plutôt que de risquer de voir celles-ci remises en cause, Trafigura a tranché. « Le Nigeria est devenu un endroit où il est difficile de faire des affaires si vous tenez à votre réputation », résume un observateur cité par Le Temps.


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