C'est avec un lapidaire "pas de changement" que le ministre koweïtien du Pétrole, Ali al-Omair, a annoncé à la presse le bilan des débats qui opposaient partisans et opposants à une coupe de production pour soutenir le cours du baril lors de la réunion de l'Opep à Vienne.

 

Les prix du pétrole brut ont chuté de plus de 30% depuis juin, en raison d'une offre élevée alimentée notamment par les nouvelles huiles de schiste américaines (la "shale revolution") et d'une demande affaiblie par la situation économique. Confrontés à une baisse de leurs marges, les membres de l'Opep devaient trancher entre une baisse et un maintien de leur quota de production collectif, figé depuis trois ans à 30 millions de barils par jour (près du tiers de l'offre pétrolière mondiale), éventuellement assorti d'un engagement à mieux respecter ce niveau régulièrement dépassé depuis plusieurs mois. Le dilemme de l'Opep, que nous expliquions dans l'Usine Nouvelle la semaine dernière, consistait à choisir entre le maintien de ses marges (au moyen de la réduction de production) et maintien de ses parts de marché au détriment de ses marges, qualifié aussi de guerre des prix avec des projets aux coûts de production plus élevé, huiles de roche en tête.

 

Les ultimes négociations intra et hors Opep qui ont précédé la rencontre n'ont donc pas permis d'aboutir à un consensus de soutien des prix. Une décision anticipée par le marché, puisque les prix du pétrole avaient déjà plongé dès le matin de la rencontre à de nouveaux points bas de quatre ans.