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UBS croit en une reprise durable dans la zone euro

Le 12 janvier 2010
* Mots clés :  Dépêches Reuters, Europe

DéPêCHES REUTERS  PARIS (Reuters) - UBS s'inscrit nettement au-dessus du consensus en tablant sur une croissance de 2,4% dans la zone euro cette année, qui serait rendue possible par la reprise mondiale, le redressement de l'investissement et le maintien d'une politique monétaire accommodante.

La prévision de la banque helvétique est près de deux fois supérieure à l'estimation de 1,3% établie en décembre par le Consensus Forecast, publié par le cabinet Consensus Economics.

Stéphane Déo, chef économiste d'UBS pour l'Europe, s'est dit nettement plus positif lors d'une présentation à la presse mardi.

"Les économistes voient un appel d'air assez fort en fin 2009 et derrière la machine ne s'enclencherait pas et le soufflé retomberait", a-t-il commenté. "Compte tenu d'un quatrième trimestre fort, 1,3% cette année suppose pratiquement pas de croissance, tout au plus un glissement trimestriel de 0,1 ou 0,2%. Moi, je dis 0,4-0,5% par trimestre et surtout une croissance qui se stabilise."

Stéphane Déo justifie son optimisme par la reprise mondiale, qui entraînera une normalisation des échanges extérieurs, l'amélioration des conditions de crédit et la sagesse des banques centrales soucieuses de ne pas "jouer avec le feu".

Les économistes d'UBS attendent une croissance de 2,6% aux Etats-Unis, de 9% en Chine et de 1,8% au Royaume-Uni.

"2009 fut un bain de sang, 2010 verra la reprise un peu partout dans le monde", a dit Stéphane Déo.

Ce meilleur contexte international fera repartir les exportations qui elles-mêmes permettront la reprise en Europe, comme c'est souvent le cas après des crises, a-t-il expliqué.

"Une reprise en Europe n'est jamais tirée par la consommation, ce sont les exportations qui tirent la reprise."

Comme autre facteur, l'économiste d'UBS cite la disponibilité du crédit qui s'améliore, même s'il reconnaît que les petites entreprises continuent de souffrir.

"Je ne dis pas que tout va bien, il y a encore des difficultés mais ça va beaucoup moins mal qu'il y a un an", a-t-il noté en citant les enquêtes mensuelles de l'Association française des trésoriers d'entreprise (AFTE) qui signalent de mois en mois des recherches de financement moins ardues.

TAUX REFI À 1,75% FIN 2010

L'amélioration des conditions de crédit tient en grande partie à la politique des banques centrales, qui selon Stéphane Déo ne relèveront pas leurs taux d'intérêt avant la mi-2010.

"Le système financier et la reprise sont encore fragiles et les banques centrales ne vont pas jouer avec le feu", a-t-il dit, estimant en outre que l'euro fort constituerait un frein supplémentaire pour la Banque centrale européenne.

L'économiste voit le taux de refinancement, principal taux directeur de la BCE, à 1,75% à la fin 2010 contre 1% actuellement et pense que la banque centrale retirera en douceur les liquidités avec lesquelles elle a soutenu le crédit en 2009.

L'optimisme d'UBS contraste avec la prévision de croissance de seulement 0,6% retenue par les économistes de Natixis.

Dans une note publiée mardi et intitulée "Pourquoi sommes-nous si pessimistes pour 2010", ils expliquent que le regain de forme de l'économie européenne ces derniers mois est essentiellement lié à des facteurs temporaires - plans de relance, désinflation - ou techniques, comme la reconstitution des stocks.

"La nature réversible des mesures adoptées dans le cadre des plans de relance et la fin du processus désinflationniste plaident pour un nouvel affaiblissement des dépenses des ménages courant 2010", font-ils valoir en prévoyant parallèlement un essoufflement des exportations, la fin des plans de relance faisant aussi baisser la demande à l'international.

Stéphane Déo balaie cet argument.

"Le restockage va générer de l'investissement et de la demande finale, et dans six mois le marché de l'emploi se stabilisera, permettant à la consommation de se reprendre. C'est ce qui se produit chaque fois", a-t-il conclu en promettant une "reprise des investissements assez tôt dans le cycle, beaucoup plus que ce qu'on pense".

 

Véronique Tison, édité par Dominique Rodriguez


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