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Pétrole et spéculation

Le 12 février 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Pétrole
Rafinerie
Rafinerie

Dans un rapport remis à Christine Lagarde des experts font le point sur l’influence de la spéculation sur le prix du baril de pétrole brut.

 

Si, selon l’expression de Philippe Chalmin, « la spéculation financière n’est que l’écume sur la vague », les Etats ont-ils réellement l’intention « d’écumer » les marchés financiers ?  

 

« La volatilité du prix du brut (et les fortes variations des prix), telle qu’elle s’est manifestée en 2008 ?2009, soulève de nombreuses questions quant à la détermination du prix du pétrole et au jeu complexe des interdépendances entre les marchés physiques et les marchés financiers », rappelle le rapport remis à la ministre de l’Economie Christine Lagarde. Rédigé par un groupe d’expert sous la direction de Jean-Marie Chevalier cette étude constate qu’«  une transformation radicale » a modifié les marchés pétroliers au cours des dix dernières années.

 

Après une période de stabilité des prix à un niveau bas entre 2000 et 2003, la période suivante a vu une envolée des cours du brut, tiré par « l’explosion de la demande » des pays émergents et des Etats-Unis. Une hausse accompagnée par la montée en puissance de l’intérêt des marchés financiers sur cette classe d’actif. Ont suivi un nouveau record du prix du baril à 147 dollars en juillet 2008, suivi d’un effondrement puis d’une remontée progressive vers les 70-80 dollars en 2009, qui se poursuit début 2010. Cette remontée « parait antinomique avec l’état des fondamentaux physiques », souligne l’étude, qui admet cependant le rôle joué par l’ajustement à la baisse de l’offre de l’Opep, -2 millions de barils/jour.

 

« La complexité des interactions entre le physique et le financier limite de fait toute explication univoque sur la forte variation des prix du pétrole sur la période récente », notent les auteurs. Ils admettent qu’il est difficile de trancher entre les « tenants des fondamentaux physiques » et les « tenants des fondamentaux financiers ». Regrettant la faiblesse des données statistiques disponibles, ils préconisent la construction d’un ensemble de données fiables organisé par le Forum International de l’Energie (FIE). De ce travail pourrait émerger un « consensus sur un prix adéquat ».

 

Redoutant la poursuite de la forte volatilité qui a agité les marchés pétroliers, les auteurs du rapport ont formulé un ensemble de 22 propositions pour tenter de réguler en douceurs les marchés dérivés de produits pétroliers. Reconnaissant le retard de la France par rapport aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, le rapport privilégie quatre orientations stratégiques. Outre le soutien au FIE, il faudrait appliquer aux marchés financiers du pétrole les orientations arrêtées au niveau du G20, mettre en place des règle spécifiques complémentaires et proposer une stratégie pétrolière pour l’UE. Limiter les positions prises par les intervenants sur les marchés est une proposition récurrente pour réduire la volatilité des marchés et la stratégie européenne commune s’inscrit dans la difficile élaboration d’une politique énergétique commune. Une politique difficile à mettre en place en l’absence d’une volonté politique commune.    

 

Le responsable de la recherche commodités de la Société Générale , Frederic Lasserre, qui a participé à l’élaboration du rapport, relativise le rôle de la spéculation sur les marchés dérivés de matières premières. L’explosion des capitaux investis sur les fonds d’index doit être relativisée : les hausses des cours augmentent mécaniquement leur valorisation, rappelle-t-il.   « Les banques ne peuvent pas être considérées comme des spéculateurs sur le marché de futures du pétrole NYMEX, puisqu’elles assurent essentiellement des opérations de couverture des risques pour leurs clients (producteurs ou consommateurs de pétrole) », note l’analyste. Ses collègues de Barclays ont à plusieurs reprises démontré l’absence de corrélation entre l’augmentation des « positions spéculatives » et la hausse des cours.

 

Le rapport remis à Christine Lagarde est disponible

http://www.economie.gouv.fr/services/rap10/100211rapchevalier.pdf


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