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Conséquences énergétiques de la catastrophe japonaise

Le 14 mars 2011 par Daniel Krajka


La catastrophe nucléaire japonaise sera favorable aux demandes de charbon thermique et de gaz naturel, beaucoup moins à celle d’uranium.

La suite d’accidents majeurs qui ont frappé plusieurs centrales nucléaires japonaises devraient avoir des conséquences sur la consommation d’énergie de ce pays qui importe pas moins de 85% des matières nécessaires à sa production d’énergie. Selon Emmanuel Fages, de la Société Générale, ce sont 11,2 GW de capacité, soit treize réacteurs nucléaires, qui sont actuellement arrêtés, dont trois pour inspection, avant le tremblement de terre. Si l’un des sites semble ne pas avoir été endommagé, les autres ne sont pas prêts de redémarrer.

 

Afin de compenser ces arrêts de production d’énergie, le Japon devra importer d’autres combustibles pour alimenter ses centrales thermiques. Dans l’immédiat, la fermeture des ports et la baisse globale de l’activité vont toutefois sensiblement réduire les besoins du pays en énergie. A court terme, les marchés du pétrole et même du charbon thermique ont réagi par une baisse des cours due à la catastrophe. A plus long terme cependant, affirme l’analyste, la demande additionnelle devrait soutenir les prix du pétrole, du charbon thermique et du gaz naturel.

 

 

Se basant sur le précédent tremblement de terre de 2007, Emmanuel Fages estime que chaque TWh d’électricité d’origine nucléaire perdu sera remplacé par du gaz naturel (47%), du charbon-vapeur (39%) et du pétrole (14%). En 2007, rappelle l’analyste, les consommations additionnelles de pétrole et de produits pétroliers avaient suffi pour renverser une tendance alors baissière. Tablant sur un arrêt des centrales nucléaires endommagées jusqu’à la fin de l’année, la SG estime que 20 TWh d’énergie produite par des centrales thermiques au charbon seront nécessaires, entraînant une hausse des importations de charbon de 7 à 8 millions de tonnes. La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ne devrait jamais redémarrer – si les réacteurs n’explosent pas, l’eau de mer utilisée pour les refroidir les a définitivement endommagés –, provoquant une réduction de 26 TWh de la production d’énergie et donc une hausse de 3 Mt des besoins en charbon thermique.

 

La hausse de la consommation japonaise ne devrait représenter que 1% de la demande globale de charbon-vapeur, pas assez pour influer sur le niveau des prix. Toutefois, l’accident nucléaire de Fukushima pourrait bien provoquer une réaction globale négative à l’égard de l’énergie nucléaire, modifiant « l’énergie mix » global et soutenant la demande et les prix des énergies fossiles.

 

L’heure du gaz naturel

 

Le gaz naturel pourrait bien sortir gagnant de cette situation, indique Thierry Bros, un autre analyste de la SG. Selon ses calculs, la demande de gaz naturel japonaise devrait augmenter de 5 milliards de m 3 en 2011 et de 2 milliards de m 3 en 2012. Suffisamment pour que la banque française relève ses prévisions de prix. Cependant, le plus important effet conjoint de la catastrophe japonaise et des révoltes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord pour le marché du gaz est la hausse à long terme des cours du brut. Contrairement au pétrole, les marchés du gaz naturel ont réagi au tsunami par une hausse des cours.

 

 

Sale temps pour l’uranium

 

Le prix spot de la livre d’uranium avait sensiblement rebondi depuis six mois. Après avoir frôlé les 40 dollars, il était remonté à 73 dollars il y a un mois. Mais la tendance devrait lourdement s’inverser. Le marché spot manque totalement de liquidité, note Max Layton de Macquarie, « une situation clairement baissière ». Les marchés actions ont déjà vivement réagi et les valeurs boursières de deux géants du secteur, le canadien Cameco et l’australien ERA, filiale de Rio Tinto ont dévissé de respectivement 15,3 et 12,2%. Les juniors, spécialisées dans l’exploration ont perdu jusqu’à 30% de leur valeur. Tout dépendra de la fusion ou non du cœur du réacteur, note Layton.

 

 



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