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A la recherche des métaux

Le 14 avril 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux critiques


Un rapport d’information du Sénat constate la fragilité des approvisionnements en minerais et en métaux de la France, sans apporter de solution convaincante.

C’était au tour du Sénat de publier le 13 avril un rapport d’information, au nom de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées sur la sécurité des approvisionnements stratégiques de la France. Le rapporteur, le sénateur Jacques Blanc, a en préambule constaté que, si la France dispose en grande quantité d’eau et d’approvisionnements alimentaires, « en revanche, notre pays est dépendant de pays étrangers non européens dans deux grands secteurs : l’énergie et les minerais, flux composés d’éléments majoritairement non renouvelables, ce qui accroît les tensions pour leur obtention ».

 

N’hésitant pas à remonter au 8e millénaire avant notre ère pour décrire les premiers usages du cuivre, le rapport se contente cependant de constater les craintes actuelles tant en termes d’approvisionnements de métaux critiques qu’en ce qui concerne la volatilité des prix des minerais et donc des métaux industriels les plus répandus. C’est bien ce constat qui était à l’origine de la formation du Comes.

 

« Il y a encore trente ans, l'industrie minière française était florissante. Cette situation s'est ensuite dégradée du fait d'une évaluation trompeuse de notre destin économique, qui a conduit la France et d'autres pays européens comme l'Allemagne, à estimer que le métier minier, risqué, polluant et à faible rentabilité, ne méritait pas d'être maintenu. Cette erreur stratégique reposait sur l'idée que l'économie de services, vers laquelle s'orientaient les pays développés, n'utiliserait désormais que très peu de ces ressources de base. Nous savons aujourd'hui qu'il n'en est rien, et une prise de conscience se fait jour, en France, au sein de l'Union européenne et dans les grands pays développés, sur la nécessité de sécuriser les approvisionnements miniers, comme l'ont été, dans les années 1970, les approvisionnements énergétiques. »

 

Ce constat est valable avant tout pour la France. En Allemagne, où l’on n’hésite pas à continuer d’exploiter le lignite, il y a toujours une industrie minière. L’ingénierie allemande est toujours à la pointe de la recherche et de la production des engins miniers les plus performants. De plus, si le rapport ne semble pas voir l’intérêt de la constitution de stocks stratégiques, les Japonais, les Coréens, les Américains et désormais les Chinois ont défini une politique différente. Outre la constitution de stocks, les organismes dédiés, souvent associés à de grandes compagnies privées, prennent des participations dans des mines ou des entreprises minières jugées stratégiques.

 

Sur la question des terres rares, le rapport pointe que « l'exploitation des gisements présents hors de Chine réclamera du temps et des investissements importants ». Et, effectivement, les Japonais, les Coréens et les Américains ont déjà réagi. Préconisant de ne pas se fâcher avec les « grands producteurs mondiaux de matières premières comme la Chine, la Russie ou le Brésil », le rapporteur semble assimiler la Chine et le Brésil. Or le géant sud-américain ne fait qu’optimiser, comme l’Australie ou le Canada, les richesses de son sous-sol. L’inventaire des ressources minières françaises, préconisé également, sera difficile quand, comme le note le rapport, on constate l’accueil reçu par les « sondages de recherche sur d'éventuelles exploitations de gaz de schiste ». L’exploitation évoquée de nodules polymétalliques ne se fera pas avant longtemps et la volonté d’ArcelorMittal d’assurer ses approvisionnements en charbon métallurgique et en minerai de fer relève plus de la volonté compréhensible de payer ses intrants moins chers que de la sécurisation des approvisionnements en minerais critiques.

 

Lire le rapport du Sénat

 

 

Dossier
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