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Vers la fin des prix annuels de l’acier

Le 19 mai 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  ArcelorMittal, Métaux ferreux


ArcelorMittal négocie avec ses principaux clients le passage à un prix de l’acier fixé chaque trimestre. Une politique qui sera compliquée par le nouveau contexte baissier des prix de l’acier.

La fin du prix de référence annuel du minerai de fer, et du charbon à coke, imposée par les grands mineurs diversifiés, va avoir des conséquences importantes pour le marché de l’acier. Jusqu’ici les grands consommateurs de produits plats, comme l’industrie automobile ou le secteur des produits blancs, avaient pris l’habitude de négocier avec leurs fournisseurs un tarif de référence annuel de leurs bobines, afin d’en limiter la volatilité.

 

« Nous avons besoin de trouver un moyen de s’adapter aux changements trimestriels des prix », a expliqué au Metal Bulletin Michael Pfitzner, le vice-président exécutif d’ArcelorMittal, en charge du marketing et de la coordination commerciale. « L’évolution de trimestre en trimestre du prix du minerai de fer doit être répercutée sur nos clients », a justifié le dirigeant du numéro un mondial de l’acier. Les prix ne grimperont pas obligatoirement a-t-il tenté de rassurer, soulignant qu’ils peuvent également évoluer à la baisse. S’il affirme que personne, y compris ArcelorMittal, ne peut être satisfait de cette évolution, il faut cependant rappeler que le sidérurgiste, dont la politique est d’augmenter son autosuffisance en intrants, profite, comme les mineurs, de la hausse des prix pour les minerais et le charbon qu’il extrait lui-même.

 

Pour les utilisateurs, ce passage à une fixation des prix pour une durée plus courte ne sera pas une nouveauté. Les prix des aciers inoxydables et spéciaux évoluent déjà sur une base mensuelle, en incluant une variable, « l’écart alliages » (voir tableaux G0703, et G0803), reflétant l’évolution des prix des métaux – chrome, nickel, molybdène, cobalt…– entrant dans la composition du métal allié. Plus volatils encore, les grands métaux de base, comme le cuivre, l’aluminium ou le zinc sont cotés chaque jour sur les places de marché spécialisées   comme le LME. L’instauration d’un écart intrants – minerai de fer, charbon à coke, manganèse – avait déjà été envisagée il y a deux ans, lors du puissant mouvement de hausse généralisé des métaux et des minerais.  

 

L’initiative d’ArcelorMittal tombe toutefois à un moment difficile, alors que les prix de l’acier semblent avoir stoppé leur ascension. Le cours de la billette sur le LME a reperdu tout le terrain gagné depuis le début de l’année. Dans une étude datée du 17 mai, Timna Tanners, une analyste d’UBS note que le taux d’utilisation des capacités dans la sidérurgie des Etats-Unis est remonté à 72%, contre pas plus de 50% en 2009. Assez pour alimenter un marché qui ne bénéficie plus du restockage. Atteignant 80%, la remontée du taux d’utilisation des aciéries a enrayé la hausse des prix de l’acier, constate l’analyste. Même en Chine le prix moyen de la tonne de laminé à chaud a reperdu une trentaine de dollars depuis le pic, 578 dollars, de la mi-avril.

 

En Europe, c’est la faiblesse de la reprise de la consommation d’acier qui a stoppé la hausse des prix une hausse qui a ajouté 50% aux prix depuis le début de l’année. La forte baisse en cours, pour le mois de mai, dans les ferrailles en est l’annonciatrice. Ceci n’a pas empêché ArcelorMittal d’annoncer de nouvelles hausses pour juillet : le laminé à chaud, le laminé à froid et le galvanisé coûteraient alors respectivement 650, 730 et 740 dollars par tonne. Soit des hausses de 250 euros depuis le quatrième trimestre 2009, a précisé Pfitzner. La baisse de l’euro protège la sidérurgie européenne contre les importations de produits ferreux. Elle doit cependant payer en dollars ses intrants alors qu’elle vend son acier en euros sur le marché local. 


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