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Coup de mou pour l’acier européen

Le 08 juin 2010 par Daniel Krajka
* Mots clés :  ArcelorMittal, Métaux ferreux


Les aciéristes européens vont devoir s’adapter à une conjoncture mouvante et à un nouveau système de fixation des prix de leurs intrants.

L’incertitude était le sentiment prédominant lors de la dernière conférence SSB Steel Markets Europe qui s’est déroulé la semaine dernière à Anvers, rapporte Colin Hamilton de Macquarie Research. Après un rebond sensible de la demande apparente d’acier en Europe, celle-ci devrait fortement ralentir au deuxième semestre. Malgré une hausse des exportations aidée par la faiblesse de l’euro, la production automobile devrait reculer au troisième trimestre, a expliqué un responsable de JD Power. Les perspectives du BTP sont également déprimées, la construction d’immeubles commerciaux est en baisse et le génie civil va subir les réductions des dépenses publiques. 

 

 

Selon la banque australienne, la croissance de la demande d’acier en Europe va ralentir pour refluer à 2,4% entre 2010 et 2015, contre 4,5% globalement. Une situation de hausse rapide de la construction de bâtiments publics, gourmands en acier, ne devrait plus se reproduire dans les années à venir. 

 

 

La capacité de s’adapter rapidement à un marché fluctuant au rythme du cycle de stockage chinois était la préoccupation principale, tant des producteurs que des distributeurs, rapporte Hamilton. Pour survivre, ont expliqué les distributeurs, ils devront réduire leurs stocks à 45 jours, contre 60 précédemment et augmenter de 50% le volume vendu par salarié, soit 750 tonnes. ArcelorMittal, de son côté, a pointé la capacité des aciéristes à adapter leur offre aux variations de la demande. Anticipant la faiblesse du marché, le sidérurgiste se prépare à mettre en sommeil trois haut-fourneaux au troisième trimestre (un en juillet et deux en août).

 

Si la localisation de ces unités n’a pas été précisée, Colin Hamilton parie cependant sur des usines à l’intérieur des terres, désavantagées par leurs coûts de production élevés : Liège B en Belgique, Eisenhuttenstadt 5 en Allemagne et Florange 3 en Lorraine. Cette réduction de 4,5 Mt des capacités du groupe devrait être imitée par ses concurrents et protéger les prix contre une chute trop brutale. Un reflux généralisé des prix est en effet en préparation.

 

Avec un coût des matières premières représentant 65% du prix des laminés à chaud, le prix plancher des aciers plats est devenu très important, rappelle l’analyste. Toutefois, l’amplitude des au-dessus du coût plancher continuera de refléter les fondamentaux de l’offre et de la demande du secteur, agissant aussi bien sur les marges des producteurs que sur le montant de leurs investissements.

 

 

Selon Hamilton, l’hostilité vis-à-vis des futures et des instruments financiers semble s’atténuer. Michel Wurth, qui est au conseil d’administration d’ArcelorMittal, a admis publiquement « qu’une forme de couverture adaptée à l’acier va devenir nécessaire » pour les utilisateurs finaux qui ont besoin de certitudes dans un environnement très volatil.

Vu sa position d’importateur d’intrants, l’Europe sidérurgique continuera, outre une demande atone,  de souffrir de ses coûts élevés de production qui pèsent sur les marges de ses producteurs.

 


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