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ArcelorMittal sort du rouge

Le 28 octobre 2009 par Daniel Krajka
* Mots clés :  ArcelorMittal


ArcelorMittal

Contrairement aux prévisions, le numéro un de l’acier affiche un résultat positif au troisième trimestre. Une tendance à l’amélioration qui touche l’ensemble de la sidérurgie, mais qui demeure fragile dans les pays occidentaux.

Le géant de la sidérurgie mondiale a réalisé au troisième trimestre 2009 un résultat net de 903 millions de dollars, certes en fort repli par rapport aux 3,82 milliards affiché un an plus tôt, mais qui signale une nette amélioration par rapport aux 792 millions de pertes enregistrées au deuxième trimestre. Le résultat net est surtout remarquable en comparaisons des prévisions des analystes interrogés par Reuters, qui tablaient sur de nouvelles pertes conséquentes pour le quatrième trimestre consécutif. Cependant, à 16,17 milliards de dollars, le chiffre d'affaires du groupe est en retrait de plus de moitié par rapport aux 35,2 milliards du troisième trimestre 2008. Il remonte toutefois par rapport aux 15,176 milliards du trimestre précédent.

 

Pour les 9 premier mois de l’année le recul est sévère : le chiffre d’affaires de 2009 n’est plus que de 46,468 milliards de dollars contre 102, 847 milliards en 2008. Et alors que le sidérurgiste affichait un gain de 12,031 milliards l’an dernier, il subit une perte de 952 millions cette année. Plus significatif, son ebitda sur 9 mois est tombé de 21,67 milliards à 3,693. Il s’est toutefois redressé nettement au troisième trimestre à 1,589 contre 1,221 milliards au deuxième. Outre son programme de réduction de coûts, ce redressement provient de la remontée progressive de la production. Les expéditions d’ArcelorMittal au troisième trimestre ont progressé de 7%  par rapport au deuxième, à 18,2 millions de tonnes (Mt), mais chutent lourdement par rapport aux 25,6 Mt d’il y a un an. Pour les trois premiers trimestres l’arrêt des capacités entraine des conséquences importantes, ses expéditions sont tombées de 84,6 à 51,1 Mt.

Lakshmi Mittal, le Pdg du groupe sidérurgique restait prudent en commentant ces résultats : « conformément aux prévisions, nous avons constaté les premiers signes de reprise au troisième trimestre. En réaction à cette augmentation de la demande, nous avons remis en marche plusieurs de nos sites de production et nous prévoyons une utilisation des capacités d'acier brut voisine de 70% au quatrième trimestre. Nous devrions continuer d'assister à la poursuite d'une amélioration progressive en 2010, bien que le climat d'exploitation reste difficile. »

 

Une amélioration progressive

 

Pour la suite de l’exercice, ArcelorMittal prévoit « une amélioration progressive tout au long de 2010, même si l’environnement reste difficile ». Pour le quatrième trimestre, le groupe table ainsi sur un ebitda compris entre 2,0 et 2,4 milliards de dollars.
Enfin, les actionnaires n’ont pas été oubliés et le conseil d'administration a recommandé de maintenir son dividende de base à 0,75 dollar par action pour 2010.

 

ArcelorMittal s’est réjoui dans un communiqué de l’avance prise par rapport au calendrier des objectifs de son plan industriel et financier. Il a notamment obtenu  une réduction de ses coûts fixes (dépenses liées aux ventes, aux frais administratifs et généraux…) de 2,2 milliards de dollars de ses coûts sur une base annuelle. Sa dette nette a dans le même temps été réduite de 10,9 milliards de dollars retombant à 21,6 milliards. Soulignant le succès du lancement d’une émission obligataire de un milliard de dollars, il a également réduit son ration d’endettement.

 

ArcelorMittal a également économisé 7,3 milliards de dollars « sur ses coûts fixes temporaires sur une base annuelle au troisième trimestre 2009 sous l’effet des mesures d’optimisation industrielle prises à la suite de la baisse de la demande » a précisé le groupe dans un communiqué. Une politique d’économies qui explique partiellement le rebond de l’ebitda. L’autre facteur positif est l’augmentation du taux d’utilisation des capacités, remonté à environ 61% au troisième trimestre 2009, contre 50% au trimestre précédent. Cette remontée de la production s’accompagnera forcément d’une augmentation des frais fixes, a rappelé le sidérurgiste.

 

Redémarrage fragile de la sidérurgie occidentale

 

Les grands aciéristes des Etats-Unis ont également affiché des résultats meilleurs qu’attendus au troisième trimestre. Pour US Steel ses pertes (303 millions de dollars) ont été plus réduites que prévues, alors qu’AK   Steel affiche même un léger profit de 6,2 millions. Les deux entreprises restent cependant prudentes, craignant une nouvelle baisse du prix de l’acier après la fin de la prime à la casse qui a fortement soutenu l’industrie automobile aux Etats-Unis et en Europe. « On est peut-être sortis techniquement de la crise, mais cela ne se ressent pas encore », expliquait le directeur général d’AK Steel, James Wainscott, à des analystes.

 

Pour l’analyste d’UBS Andrex Snowdowne, les sidérurgistes occidentaux devraient voir leurs   résultats s’améliorer au quatrième trimestre. Mais il avoue ne pas avoir de visibilité au-delà. Tablant sur un recul des prix de l’acier, il craint même que la réaction des sidérurgistes (en relançant les hauts-fourneaux arrêtés) n’ait été trop rapide. Par contre les analystes s’accordent à saluer la bonne santé de la sidérurgie des pays émergents, l’Inde et la Chine en particulier, tirée par les besoins de ces pays. 


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