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Malaise dans l’acier italien

Le 06 juin 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


La sidérurgie italienne va subir les conséquences de la crise européenne. Pour la fédération italienne de l’Acier il faut renforcer le rôle de l’industrie dans l’économie.

 

Les débuts d’Antonio Gozzi, fraichement élu à la tête de la Federacciai, la fédération italienne de l’Acier, ont été marqués par l’amère constatation que la production de la sidérurgie italienne va reculer en 2012 par rapport à l’année précédente. « L’Italie va devoir réduire sa production en raison de la crise économique qui affecte l’Europe actuellement », a déclaré Antonio Gozzi, lors de l’assemblée générale de l’organisation, qui s’est tenue à Milan, le 5 juin. La production italienne d’acier avait sensiblement rebondi de 11,6% par rapport à 2010 en 2011. Toutefois, les 28,7 millions de tonnes (Mt) produites sont encore loin des 30,6 Mt sorties des aciéries italiennes en 2008 et plus encore des 31,624 et 31,553 produits en 2006 et 2007, avant la crise financière.

« L’Italie aura du mal à revenir aux niveaux de production atteints en 2007-2008 en raison de ce qui se passe aujourd’hui en Europe », a souligné Gozzi, ne précisant cependant pas ces attentes pour 2012. Pour autant, a-t-il indiqué, les exportations de la sidérurgie italienne devraient se maintenir en 2012 au niveau touché en 2011, 12 Mt. Si les chiffres fournis par la Federacciai indiquent une hausse sur un an de 3,4% de la production d’acier pour les 4 premiers mois de l’année, la tendance s’est déjà inversée en avril avec une chute de 3,2% par rapport à avril 2011. Avec seulement 70 à 75% des capacités de production de la sidérurgie utilisées, le secteur a besoin de se consolider, a affirmé le dirigeant.

Les aciéristes italiens paient leur électricité au tarif le plus élevé en Europe et doivent importer la totalité du minerai de fer utilisé dans ses hauts-fourneaux, a rappelé Gozzi. Une situation qui les désavantage par rapport à leurs concurrents sur les marchés, comme la Russie, l’Ukraine et plus loin, le Brésil ou l’Inde. Federacciai et ses homologues européens, envisagent de demander l’imposition de taxes à l’exportation sur les ferrailles, le seul intrant de l’acier produit en Italie. D’autres pays comme la Russie, ont déjà mis en place des taxes – 15% en Russie – pour protéger « la seule matière première à sa disposition, les aciers de recyclage ».

La crise actuelle a toutefois eu le mérite de remettre l’industrie au centre de la réflexion économique. « Même les monétaristes les plus convaincus ont compris que sans industrie, sans industrie manufacturière en particulier, l’Europe ne va nulle part », a martelé Gozzi. La Fédération va suivre de près le plan annoncé par le ministre du Développement, Corrado Passera, pour le déblocage de fonds publics destinés à la réalisation d’infrastructures. « Il faut avoir le courage de s’opposer, en Italie et en Europe, à une pensée unique de décroissance, et avoir l’orgueil de défendre et de promouvoir l’extraordinaire potentiel de l’industrie nationale, sans laquelle ce pays risque de ne pas avoir de futur », a-t-il ajouté.


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