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La sidérurgie indienne se réveille

Le 27 juin 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


 

Malgré les retards pris par les principaux projets, de nouvelles aciéries devraient enfin être construites en Inde pour répondre à une demande qui va s’apprécier à un rythme soutenu. 

 

L’industrie sidérurgique indienne devrait croitre à un rythme annuel de 10 à 12%, soutenu par les colossaux investissements d’infrastructures et d’immobilier nécessités par une population en forte croissance, expliquait Naveen Jindal, le PDG de Jindal Steel & Power. Globalement le gouvernement indien a l’intention d’investir 1 000 milliards de dollars dans la construction de lignes de chemin de fer, de routes, d’aéroports, de ports, d’immeubles d’habitation et de différentes infrastructures, a précisé Jindal, lors de la conférence Steel Success Strategies, qui s’est déroulée à New York, fin juin. « D’ici à 2020 l’Inde produira plus de 200 Mt d’acier », a assuré le dirigeant, soulignant que l’avenir du secteur était « brillant ». En avril, un autre dirigeant de ce groupe sidérurgiste, mettait en garde sur la nécessité en 2020 d’importer 50 Mt d’acier, principalement des laminés pour l’industrie automobile.

Et, alors que les projets géants de JSW Steel, d’ArcelorMittal ou du coréen Posco, sont à l’arrêt, des projets plus modestes devraient voir le jour. Prudemment, les sidérurgistes étrangers se sont associés à des acteurs locaux. Les aciéristes ont également choisi de s’implanter dans des Etats où ils sont les bienvenus, prenant soin également d’assurer leurs besoins en minerai de fer. Posco a ainsi revu ses projets à la baisse. Tablant sur une aciérie de 12 Mt en 2004, il a finalement obtenu le terrain nécessaire à l’érection d’un complexe de 8 Mt à Paradip dans l’Orissa.

Tata Steel et sa filiale Tata Metaliks ont engagé des négociations avec l’Etat indien de Karnataka pour la construction d’une aciérie intégrée de 3 millions de tonnes (Mt) de capacité. L’investissement prévu pour la réalisation de ce projet est de 3 milliards de dollars. Le complexe, situé dans le district d’Haveri, sera le plus important investissement du nord de l’Etat. Dans un deuxième temps, la capacité du projet pourrait être portée à 6 Mt grâce à un nouvel investissement de 4 milliards de dollars, indique le sidérurgiste. Une déclaration d‘intérêt (expression of interest) avait été signée récemment par un dirigeant de Tata Steel, Hemant Nerukar, et Maheshwar Rao, le directeur de l’Industrie et du Commerce pour le Karnataka.

Le russe Severstal n’a pas renoncé à investir 2 milliards de dollars dans une aciérie intégrée, construite en partenariat avec un acteur indien. « L’Inde est un marché attractif, et il est auto-suffisant en minerai de fer », a expliqué le directeur général du sidérurgiste russe, Alexeï Mordashov, lors d’une conférence sur l’acier.  Nous n’investirons qu’une fois reçues les autorisations nécessaires, a prudemment expliqué Mordashov, tenant compte de la lenteur de la bureaucratie locale. Severstal a programmé la construction d’une aciérie de 2,5 Mt, verticalement intégrée. Le minerai de fer viendra du Karnataka et le charbon métallurgique des mines de Severstal, en Russie.

Ces investissements qui semblent vouloir finalement voir le jour font suite à quatre années durant lesquelles aucune nouvelle aciérie n’est sortie de terre. La difficulté à trouver les terrains adéquats, qui touche également d’autres secteurs, pénalise les investissements dans l’acier. Autre problème, l’accès au minerai de fer est souvent difficile pour les sidérurgistes qui ne possèdent pas leurs propres mines. L’accès au charbon à coke est encore plus problématique, d’autant, se plaignent les sidérurgistes, que les lois sont complexes et sont souvent modifiés.


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