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La sidérurgie chinoise chauffée au rouge

Le 07 juin 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Pour relancer l’économie, les autorités chinoises ont fini par approuver 23 milliards de dollars de nouveaux projets. Une bonne nouvelle pour les mineurs de fer.

 

L’activité a sensiblement ralenti dans la sidérurgie chinoise et les aciéristes ne se précipitent pas pour acheter du minerai de fer. Ils sont toutefois prêts à faire leurs emplettes si les tarifs descendent à un niveau qui leur semble avantageux. Une situation qui devrait maintenir le prix de la tonne de minerai à 62% de teneur – tombé à 131 dollars, un niveau proche de son plus bas enregistré le 23 mai, selon Steel Index – entre 125 et 135 dollars, à court terme. Les stocks d’acier culminent à 15,61 millions de tonnes (Mt) estime l’Association chinoise du fer et de l’acier.

Pour relancer la croissance – l’augmentation de la production industrielle est tombée en avril au plus bas depuis 2009 – les autorités chinoises viennent d’approuver deux projets sidérurgiques majeurs, en attente pour certains depuis plusieurs années. Globalement, ce sont 228 milliards de yuans, soit 36 milliards de dollars de projets divers qui ont été validés par le State Council, responsable de la planification. Selon Bank of America Merrill Lynch, 65% de cette somme sera consacré à de nouvelles aciéries.

La production d’acier chinoise devrait dépasser les 700 Mt en 2012, après avoir atteint 683 Mt en 2011. Les facteurs de hausse de la demande d’acier en Chine, à commencer par une urbanisation à marche forcée, sont toujours à l’œuvre, rappelait le 15 mai le directeur exécutif du premier mineur diversifié, BHP Billiton. D’ici à 2025, parie même Marius Kloppers, la production chinoise pourrait culminer à 1,1 milliard de tonnes, ce qui se traduirait par une augmentation de 650 Mt du volume de minerai de fer transporté par mer.

En 2009 les planificateurs chinois avaient stoppé des projets sidérurgiques face à la pléthore de l’offre d’acier.

Les projets approuvés sont  Zhanjiang pour  Baosteel et Fangcheng pour Wuhan Iron and Steel. Les capacités  additionnelles sont de 30 Mt pour Baosteel, dont 10 Mt de tôles fines de haute qualité et de 30 Mt, pour Wuhan, dont 10 Mt également de tôles fines de haute qualité dans une première phase. Mais la mise en place de nouvelles unités s’accompagnera de la fermeture d’usines devenues obsolètes. La mise en production de Fangcheng entrainera l’élimination de 5,4 Mt de capacités de puddlage et de 9,1 de capacité sidérurgique de Liuzhou Steel et de Wuhan. De même, Guangzhou Iron and Steel éliminera ses installations de puddlage d’élaboration et de laminage de l’acier avant la mise en service de Zhanjiang.

En outre, ces deux projets permettront un rééquilibrage géographique de la sidérurgie chinoise. L’autosuffisance en termes d’acier ne dépasse pas les 60% dans les régions du Guangxi, Sichuan, Chongqing, Yunnan et Guizhou. Or le développement industriel de la Chine se fait vers l’ouest. Les besoins du Guangdong, avec ses usines automobiles et sa production d’électroménager vont bientôt atteindre 53 Mt d’acier par an. Ces deux projets sont les « dernières pièces de l’échiquier sidérurgiques chinois », a souligné Luo Tijun, le responsable de matières primaires au ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information, précisant que leurs productions seraient également exportées vers le sud-est asiatique. Plus proches de l’Australie, les nouvelles aciéries bénéficieront d’une réduction des coûts de fret pour leurs intrants.


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