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Coup de froid sur l’acier liégeois

Le 24 janvier 2013 par Daniel Krajka
Cokerie de Seraing
Cokerie de Seraing

Ar­ce­lor­Mit­tal poursuit la liquidation de la sidérurgie dans la région liégeoise. Les fermetures de la cokerie et de six lignes de finition en­traîneront la sup­pres­sion de 1 300 em­plois. 

"Avec regret", ArcelorMittal a informé le conseil d’entreprise de son site liégeois de son intention d’arrêter définitivement de nouvelles installations. Le 14 octobre 2011, ArcelorMittal Liège avait déjà décidé d’arrêter définitivement la phase liquide, décidant de recentrer l’activité de ce site sur la finition, gardant cinq lignes principales et sept lignes flexibles. Toutefois, indique le sidérurgiste dans un communiqué, "la demande d’acier en Europe a chuté de 8- 9 % en 2012 par rapport à l’année précédente et est actuellement 29 % en dessous des niveaux d’avant crise". Il n’y a donc pas de demande justifiant la poursuite de l’activité des installations flexibles de Liège.

 

Malgré la fermeture des hauts-fourneaux, le site de Liège a accusé une perte opérationnelle supérieure à  200 millions d’euros pour les neuf premiers mois de 2012 rappelle ArcelorMittal qui n’attend aucune amélioration en 2013. Assumant sa stratégie d’adaptation de l’offre à la demande, le sidérurgiste va fermer six lignes flexibles :

- le train à large bande de Chertal,

- une des deux filières du laminage à froid de Tilleur,

- les lignes de galvanisation 4 et 5 de Flémalle,

- les lignes d’électrozingage HP3 et HP4 de Marchin.

 

Le plan inclut le maintien de la ligne de revêtements organiques 2 de Ramet, mais uniquement en tant que ligne de réparation pour les produits de la Combiline. Enfin, jugeant qu’il y a un excès de capacités de coke  en Europe, la cokerie de Liège sera également fermée.

Toutefois, ArcelorMittal Liège prévoit de continuer d’exploiter les cinq lignes principales qui emploient environ 800 salariés. "Ces cinq lignes sont stratégiques en raison de leurs produits de haute qualité, de leurs processus spécialisés ou d’avancées technologiques spécifiques", souligne le communiqué.

 

Ce coup dur sur la cokerie et sur le froid intervient un peu plus d’un an après la fin de la phase à chaud de Liège qui avait entrainé la disparition de 795 emplois. Le sidérurgiste, qui reconnait que ce plan est très difficile pour les salariés, s’engage à trouver des "solutions socialement acceptables", incluant notamment de la mobilité sur d’autres sites. Les syn­di­cats ont im­mé­dia­te­ment lancé un appel à la grève sur tous les sites du groupe si­dé­rur­gique. Selon le syndicat FGTB, des bobines de laminés ont été transférés depuis plusieurs jours vers des sites d’entreposage en Flandres. Seule explication à ce déménagement, les dirigeants d’ArcelorMittal craignent que les travailleurs tentent de les bloquer.

 

Au moment où se déroulait le conseil d’entreprise extraordinaire à Liège, le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, prononçait à Davos un discours "Belgium is Back", vantant le système fiscal belge, favorable aux entreprises. "Ces différents outils supportent les investissements et créent de l’emploi", se vantait Di Rupo. Quelques minutes plus tard, il déclarait sur Twitter : "Je soutiens les travailleurs. C’est le premier message cet après-midi lors de ma rencontre avec Lakshmi Mittal. Je ferai aussi part de l’incompréhension des autorités belges." ArcelorMittal a reçu 1,5 milliard d’euros de cadeaux en intérêts notionnels* au cours des dernières années, a rappelé la coprésidente du parti vert Ecolo, Emily Hoyos.

 

*La déduction fiscale pour capital à risque est une déduction d’intérêts fictifs (dits intérêts notionnels) calculés sur base des fonds propres d’une société et qui peuvent être déduits de façon plafonnée de la base imposable de celle-ci.

Les objectifs recherchés par le législateur: réduire la discrimination entre le financement des sociétés par fonds de tiers et le financement par fonds propres. Une entreprise qui se finance par crédits bancaires peut déduire de sa base taxable les intérêts liés à ce type de financement mais par contre une entreprise qui se finance grâce à ses fonds propres n’a pas la possibilité de déduire de sa base taxable ce qu'elle reverse à ses actionnaires.

Soutenir les centres de décisions et les centres de coordination en Belgique en leur offrant une mesure fiscale doit permettre de favoriser leurs résultats, de manière à les retenir sur le territoire belge.

 


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