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ArcelorMittal encore sauvé par les mines

Le 31 octobre 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux ferreux


Subissant de plein fouet le recul de son activité sidérurgique, le numéro un de l’acier doit à ses mines de fer et de charbon les deux tiers de son profit opérationnel pour les trois premiers trimestres de 2012. 

 

Le ralentissement de la croissance chinoise n’a pas amélioré la situation de la sidérurgie mondiale. C’est, selon Lakshmi Mittal, l’un des premiers facteurs, si ce n’est le principal, de la perte nette affichée par le premier producteur mondial d’acier au troisième trimestre. Pour les neuf premiers mois de l’année, ArcelorMittal enregistre une perte nette de 709 millions de dollars contre un gain de 659 millions pour la période équivalente de 2011. Le groupe a subi à la fois un recul des volumes expédiés et la baisse du prix de l’acier.
Pour les trois premiers trimestres, son chiffre d’affaires, son ebitda et son bénéfice opérationnel ont reculé sur un an de respectivement 9,3% (à 64,904 milliards de dollars), 31,5% (5,757 milliards) et 64,6% (1,715 milliard). Son activité « plats carbone Europe » a enregistré une perte opérationnelle de 41 dollars par tonne d’acier vendue, perte qui a grimpé à 66 dollars au troisième trimestre. Bien que ne représentant que 6,4% de son chiffre d’affaires, son activité minière est devenue primordiale pour ses résultats. Avec 1,41 milliard d’ebitda et 1,009 milliard de bénéfice opérationnel, sa part dans les résultats d’ArcelorMittal est de respectivement 24,5% et 58,8% ! 
 
Il faut réduire la dette 
 
Il n’y a plus de vaches sacrées, note Jeff Largey, un analyste de Macquarie, dans une étude récente : ArcelorMittal ne va pas hésiter à revendre des parts dans ses actifs miniers. Depuis décembre 2011, le sidérurgiste s’est focalisé sur des ventes d’actifs, jugés non essentiels, afin de réduire un endettement devenu insupportable. Depuis juin, le groupe a récupéré 2,7 milliards de dollars, auxquels pourrait s’ajouter environ 3 milliards fruit de la vente d’une partie de ses mines de fer canadiennes héritée du rachat de Dofasco par Arcelor, juste avant la fusion avec Mittal. 
Seule une situation particulièrement difficile peut inciter à revendre une part dans des mines qui vont produire 24 millions de tonnes de minerai dès l’an prochain. La dette nette du groupe a déjà grimpé à 23,2 milliards de dollars fin septembre. Pour tenir son objectif de la ramener à 22 milliards en fin d’année, le sidérurgiste a décidé réduire le dividende versé par action qui va tomber de 0,75 à 0,20 dollar. Ce qui lui procurera une économie de 900 millions de dollars. Sans un improbable rebond du marché sidérurgique le groupe devra encore économiser sur son fonds de roulement.   
ArcelorMittal table sur une stabilisation du marché de l’acier et du minerai de fer pour afficher un ebitda de 7 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2012. Le problème, selon Macquarie, n’est pas la fin de l’année, mais le début de 2013 quand la reprise ne sera pas encore au rendez-vous sur les marchés européen et nord-américain. Le consensus des prévisions des analystes table, cependant, sur un rebond de 25% de l’ebitda du sidérurgiste en 2013, à 8,9 milliards de dollars. L’augmentation de la production de minerai de fer et l’optimisation des capacités de production d’acier devraient participer à l’amélioration des résultats mais l’objectif ne sera pas atteint sans un sensible rebond de l’activité sidérurgique, met en garde Jeff Langley.
 

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