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Sale temps pour le blé

Le 01 février 2012 par Pascal Coesnon


La vague de froid qui s’abat sur l’Europe pourrait être dévastatrice pour la céréale.

 

« Les marchés sont déjà en alerte rouge », s’alarme Michel Portier, le directeur général d’Agritel. Dès demain, le thermomètre pourrait descendre à -10°C dans l’est de la France, à -15°C en Pologne et en Allemagne, et jusqu’à -30°C en Ukraine et en Russie. « Un front froid massif va traverser » l’Europe, met en garde William Adams, un des directeurs de la société de conseil Resilience AG basée à Zurich. « Alors que les cultures sont dans une phase végétative très avancée du fait de la douceur de l’automne et du début de l’hiver, le gel fera beaucoup de dégâts », précise Michel Portier. Certaines plantes, dont le blé, ont pris jusqu’à deux mois d’avance sur leur développement habituel.

Ce froid n’a cependant rien d’exceptionnel, mais il arrive extrêmement tard dans la saison, souligne Edward de Saint-Denis, un courtier en céréales de Plantureux. La situation est particulièrement critique dans certaines régions. « Le blé d’hiver qui n’est pas suffisamment protégé par la couverture neigeuse, cours le risque de geler dans les régions où les températures descendraient sous les -10° Fahrenheit (-23°C) », indique Joël Burgio, un météorologiste senior de Telvent DTN. En Ukraine, la situation est particulièrement délicate. Après un automne très sec, la vague de froid qui traverse l’ancienne république socialiste pourrait faire chuter la production de blé de 30 %.

Autre source d’inquiétude avec la situation météorologique qui touche également l’Amérique du Nord. En raison d’un temps très sec dans les plaines des Etats-Unis et du Canada, le printemps devra être pluvieux sinon « la situation pourrait être aussi tendue de ce côté-là », prévient Edward de Saint-Denis. Enfin, des discussions auront lieu en Russie dans deux semaines sur l’imposition d’une possible taxe à l’exportation sur les céréales par Moscou, indique Ilya Shestakov, le vice-ministre de l’agriculture. Tous les ingrédients sont en place pour voir « les prix flamber », conclut Michel Portier.


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