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Quand la grande distribution se sert grassement

Le 28 juin 2011 par Pascal Coesnon
* Mots clés :  Pêche


Selon le premier rapport de l’Observatoire des prix et des marges, la marge brute des distributeurs alimentaires serait très confortable.

L’Observatoire des prix et des marges, présidé par Philippe Chalmin, professeur d’économie à Dauphine, a rendu public hier son rapport basé sur les marges des filières fruits et légumes, viandes porcine, bovine et avicole, et lait. Dans ce document de 250 pages, le spécialiste des matières premières dissèque la formation des prix depuis l’exploitation agricole jusqu’à l’étal du détaillant. « Il s’agit d’un premier rapport » de l’organisme créé en juillet 2010 dans le cadre de la Loi de modernisation de l’Agriculture et de la Pêche, reconnaît Philippe Chalmin qui souligne que le rapport s’est attaché à établir la marge brute des distributeurs et non leur marge nette faute de disposer des informations nécessaires.
 
Selon les produits alimentaires, « la marge brute de la grande distribution évolue entre 30 et 50 % ». Dans les fruits et légumes, ou l’industrie de transformation est absente, les marges oscillent entre 35 et 59 %. Dans la filière bovine, la marge de l’industrie s’élève à 23 %, contre 29 % pour la distribution. Cependant, plus le produit subit de transformations, plus il est difficile de suivre l’évolution de son prix, comme c’est le cas pour la viande. « Nous avons besoin d’aller plus loin dans la compréhension de certains chiffres qui peuvent paraître relativement élevés », avoue Philippe Chalmin qui demande « plus de transparence » de la part des distributeurs.
 
Surtout, « en amont de la filière, l’agriculteur doit faire face à l’instabilité des prix liés aux cours internationaux. Même avec les aides européennes, le prix payé au producteur ne lui permet pas de couvrir ses coûts de production ». Pour Guy Vasseur, le président des Chambres d’agriculture, le rapport « démontre que souvent les producteurs ne peuvent tout simplement pas vivre de leur travail ». Ce rapport « demande à être complété par des informations précises données par la grande distribution, mais il est d’ores et déjà suffisant pour montrer la triste vérité des relations commerciales dans notre pays », accuse un communiqué de la Fédération nationale des Syndicats d’exploitants agricoles.
 
Avec ce premier rapport, « la mécanique se met en place et nous allons nous attaquer désormais aux produits de la mer, au vin et aussi à traiter le cas des céréales », souligne Philippe Chalmin. Chaque année, l’Observatoire présentera son rapport au Parlement.

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