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Les cours du blé dur s'envolent faute d’une production suffisante

Le 20 novembre 2014 par Franck Stassi
Semoule de blé dur
Semoule de blé dur
Grains Canada

L’envolée des cours du blé dur, qui ont gagné 78% en un an, s’explique principalement par la baisse de la production. L’appariement entre l’offre et la consommation n’est toutefois pas un problème nouveau sur le marché.

 

Les cours du blé dur ont bondi de 78% entre novembre 2013 et novembre 2014, atteignant le 4 de ce mois 440 euros par tonne Fob. Cette hausse dénote dans un marché céréalier baissier, marqué par de bonnes perspectives de production.

 
Le recul de la production constitue un des facteurs alimentant l’explosion des cours. Les récoltes diminuent dans la totalité des pays producteurs, avec des baisses comprises entre 2% pour le Mexique et 50% pour la Syrie, d’après le Conseil international des céréales (CIC). Si ce pays pâtit de sa situation politique, en Turquie, où la baisse atteint 30%, c'est la sécheresse est en cause.
 
Dans l’Union européenne, où la baisse de la production atteint 11%, les surfaces cultivées reculent aussi. En France notamment, où la production est en baisse pour la troisième année consécutive : "Pour la même surface, les agriculteurs s’attendent à une rémunération qui compense le différentiel de rendement, soit un prix du blé dur au minimum 35% plus élevé que celui du blé tendre", expliquait l’an dernier à L’Usine Nouvelle Michel Ferret, chef du service Marchés et études des filières de France AgriMer, l’établissement national des produits de l’agriculture et de la mer. Or, entre 2010 et 2013, cet écart n’a pas été aussi important, tandis que les cours du blé tendre ont dépassé par périodes ceux du blé dur.
 
Le Canada au centre des attentions
 
Premier producteur mondial de blé dur, avec 60% de l’approvisionnement, et premier exportateur, le Canada est sous haute surveillance, avec une production en baisse entre les campagnes 2013 et 2014 (-26% selon le CIC) après qu'elle avait doublé sur trois ans. 4,7 Mt devraient in fine être récoltés au Canada, soit une baisse de 2 Mt. Cependant, ce repli intervient à la suite d’une année de forte hausse de la moisson (+ 40% entre 2012 et 2013). "Ce niveau de production est tout à fait en ligne tant avec la moyenne quinquennale qu’avec la moyenne décennale qui sont toutes deux de 4,7 Mt", précisent les analystes de France AgriMer. Entre 2010 et 2013, la production avait plus que doublé, passant de 3 Mt à 6,5 Mt.
 
Des problèmes d’ordre qualitatifs se posent également dans plusieurs régions productrices. "Pour la première fois depuis vingt ans, un tiers de la récolte n'est pas au standard de qualité requis pour faire des pâtes et sera déclassé en nourriture animale", alertait en octobre dernier le Syndicat français des industries des pâtes alimentaires et de la semoule. D’après le Canadian Wheat Board, le premier opérateur canadien sur le blé dur, la qualité des récoltes 2014 serait la plus mauvaise jamais enregistrée. "Une forte hausse de prix et l’élargissement des écarts de qualité en résultent", précise-t-il. Ces problèmes, généralisés, se traduisent notamment en France par des taux de grains mouchetés ou germés supérieurs à la moyenne.
 
Une situation déjà vue
 
Production et consommation de blé dur
 
Conséquence de cette baisse de la production, celle-ci sera inférieure de 2,4 Mt par rapport à la consommation en 2014-2015. Si la situation de déficit interpelle, elle n’est cependant pas inédite: sept des dix dernières campagnes ont été marquées par une production inférieure à la consommation. Cette année, la production atteindra "un niveau substantiel" pour le marché du blé dur, estime ainsi France AgriMer.
 
La consommation recule également, dans des proportions moindres, en raison de l’amélioration des process de fabrication (avec une réduction des pertes) et l’utilisation, dans certains pays, de blé tendre à des fins de fabrication de pâtes alimentaires, ce qui est interdit en France comme en Italie.

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