imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Vale se retire de la potasse argentine

Le 19 mars 2013 par Daniel Krajka


Face à l’explosion des coûts d’investissement de son projet argentin, le géant minier brésilien cherche d’autres alternatives pour exploiter la potasse dont le Brésil a un urgent besoin.

 

Les annonces d’abandons de projets miniers pour cause d’économie poursuivent leur longue litanie. Pour justifier son retrait annoncé de son projet argentin d’exploitation du gisement de potasse de Rio Colorado, Vale a expliqué que ses conditions financières étaient devenues insupportables. Selon Murilo Ferreira, le directeur exécutif du numéro un mondial du minerai de fer, le coût d’investissement du projet a pratiquement doublé de 5,9 à 11 milliards de dollars. Le contrôle des changes mis en place en Argentine depuis 2012, pour tenter d’endiguer la fuite des capitaux, est le principal facteur de cette spirale inflationniste. 
 
Craignant des tensions suite à cette décision, Vale a décidé de rapatrier aussitôt les deux directeurs du projet. Avant de décidé de se retirer d’un projet dans lequel il avait déjà investi 2,2 milliards de dollars et qui était avancé à 40%, le groupe brésilien avait demandé à l’Etat argentin de compenser à hauteur de 3 milliards de dollars d’avantages fiscaux l’explosion de ses coûts. Le gouvernement n’a pas accepté cette augmentation de 80% des coûts du projet depuis octobre dernier. Pour un dollar, Vale reçoit actuellement 5 pesos au cours officiel. Problème, sur le marché argentin, le dollar vaut au noir pas moins de 8 pesos. Le producteur d’or canadien Barrick Gold s’est plaint également d’une appréciation de 70% de ses coûts d’investissement sur le projet Pascua-Lama.
 
Le ministre argentin du Travail, Carlos Tomada, a menacé Vale de lourdes pénalités financières si les salaires des 6 500 travailleurs employés pour construire le complexe de Rio Colorado ne continuaient pas d’être payés. Alors que Vale envisagerait de revendre ses actifs argentins, le gouverneur de la province de Mendoza, où est situé Rio Colorado, a déclaré que le projet serait poursuivi « avec ou sans Vale ». Il est improbable qu’un investisseur étranger reprenne ce projet dans les circonstances présentes, a déclaré au Wall Street Journal un analyste d’Eurasia Group. Et ni le gouvernement central, ni le gouvernement fédéral n’ont les moyens de développer un projet de cette ampleur. 
 
Rio Colorado avait été acquis par Vale en février 2009 pour 850 millions de dollars. L’exploitation du gisement de potasse devait débuter en 2014 et durer une cinquantaine d’années. La production annuelle attendue était de 2,4 millions de tonnes et devait être portée à 4,3 millions dans une seconde phase. Outre la mine, le projet incluait la rénovation de 440 km de voies ferrées et la construction d’une voie ferrée de 44 km de long, reliant la mine au port de Bahia Blanca, dans la province de Buenos Aires. La conjoncture est actuellement moins favorable pour la potasse dont le prix à la tonne est tombée vers les 400 dollars contre 470 en 2012 et plus de 500 dollars l’année précédente.
 
 
 
L’abandon de Rio Colorado est catastrophique pour l’Argentine pour laquelle il s’agissait du plus important investissement étranger. Le pays serait devenu le troisième exportateur mondial de potasse. C’est également un coup dur pour le Brésil dont l’agriculture doit importer d’importants volumes d’engrais. Le pays importe 90% de ses besoins en potasse depuis le Canada, la Jordanie et la Russie. Selon Reuters, Vale pourrait développer deux autres gisements de potasse, Carnalita, dans l’Etat brésilien de Sergipe, et Kronau au Canada. Ce dernier gisement requerrait un investissement de 3 milliards de dollars.
 

Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation