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La Chine s'invite dans le grand jeu de la potasse

Le 25 septembre 2013 par Daniel Krajka


Le fonds souverain chinois a pris 12,5% du premier producteur mondial de potasse, le russe Uralkali, une opération évaluée à 2 milliards de dollars. Cette prise de participation pourrait signer la fin de la cartellisation du secteur.


Désireuse de sécuriser ses approvisionnements en matières premières, la Chine poursuit sa politique de petit pas destinée à soutenir l'offre pour peser sur les prix. Le fonds souverain chinois China Investment Corp. (CIC) détenait déjà à travers sa filiale Chengdong Investment Corp. des options convertibles d'Uralkali achetées en 2012. La levée de ces options lui a donné une participation de 12,5% dans le géant russe de l'engrais pour une valeur estimée aujourd'hui à 2,03 milliards de dollars. C'est le fonds Wadge Holdings, contrôlé par trois oligarques, Suleiman Kerimov et ses associés, Firalet Galchev et Anatoli Skurov, qui a procédé à l'échange pour le groupe russe. Wade détiendra encore 33% d'Uralkali après l'opération, demeurant le premier actionnaire du groupe devant CIC. 
 
Sur un marché évalué par l'USGS à 34 millions de tonnes (Mt) en 2012 pour une valeur globale de 20 milliards de dollars, la Chine en a consommé près d'un tiers, 10,6 Mt.  Comme pour le minerai de fer cependant, sa production, 3,9 Mt en 2012, est insuffisante pour subvenir à ses besoins et doit importer environ deux tiers de sa consommation. La prise de participation du fonds souverain qui dispose de 675 milliards de dollars d'actifs pourrait entrainer d'importantes modifications dans l'actionnariat d'Uralkali. Interrogé par Reuters, le vice-Premier ministre russe, Igor Shuvalov, a expliqué que de nombreux nouveaux actionnaires russes ou étrangers pourraient entrer au capital du groupe. Il a également écarté l'hypothèse de l'entrée en force d'une autre entreprise d'Etat au capital d'Uralkali, soulignant qu'il " n'y avait pas de sens à ce que le gouvernement russe prenne le risque de devenir lui-même actionnaire". Boris Krasnojenov, un analyste de Renaissance Capital, affirme "je ne vois guère de chance pour que le gouvernement accepte que le fonds chinois prenne une participation beaucoup plus importante". 
 
Les prix de la potasse ont sensiblement baissé après la rupture du cartel russo-biélorusse de la potasse. La volonté affichée désormais par Uralkali de privilégier les volumes au prix ne peut que contenter les Chinois. Comme pour d'autres matières, il suffit aux investisseurs chinois d'amener le capital nécessaire à de nouveaux investissements destinés à élargir l'offre. Il est inutile de prendre le contrôle des entreprises ciblées, cette augmentation de l'offre suffit à améliorer la disponibilité des matières et à peser sur leurs prix. L'objectif premier n'est pas la rentabilité immédiate des sociétés dans lesquelles les fonds chinois prennent des participations mais plutôt de détendre les marchés dans l'intérêt des industries chinoises consommatrices de matières premières.
 

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