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Le rhodium se redresse

Le 12 février 2013 par Daniel Krajka


La meilleure santé de l’industrie automobile et l’agitation sociale en Afrique du Sud se conjuguent pour soutenir les cours de Rhodium.

 

Début 2008, le cours du rhodium s’était envolé vers les 10 000 dollars. Le prix de ce platinoïde, déjà soutenu par une demande en forte hausse, avait été dopé par les inquiétudes crées par l’insuffisant approvisionnement en électricité des mines d’Afrique du Sud. Ce pays assure plus de 85% de l’offre mondiale, sa place pour le rhodium est encore plus importante que pour le platine où sa part n’est « que » de 80%. Plus dure allait être la chute et fin 2008 l’once de rhodium était tombée sous les 1 000 dollars.


 


 
En 2012, suivant les statistiques publiées par Johnson Matthey, l’offre de rhodium atteignait 930 000 onces, dont 24% fournies par le recyclage de pots catalytiques.  Dans le même temps la demande industrielle culminait à 973 000 onces, laissant le marché en léger déficit. Pour les trois années à venir, Robin Bahr, l’analyste métaux de la Société Générale, table sur un marché à l’équilibre. Une reprise des conflits sociaux dans les mines de platinoïdes conduirait toutefois à une nouvelle année de déficit, met en garde Bahr. 
 
L’Afrique du Sud a représenté entre 2007 et 2011 pas moins de 85% de la production minière de rhodium et 65% de sa production de métal raffiné. En 2012, les grèves sauvages qui ont secoué l’industrie minière, ont ramené ces pourcentages à respectivement 82% et 62%. Le conflit social a entrainé un manque à produire de 80 000 onces. Les pressions sur les marges des compagnies minières provoquée par les hausses de salaire qu’elles ont été obligées d’accorder vont encore réduire la production en 2013. Le numéro un du secteur, Anglo American Platinum, a annoncé la fermeture de puits non rentables dans la région de Rustenburg. Outre une réduction de la production de platine d’environ 200 000 onces, la fermeture de deux puits diminuera celle de rhodium de 10 000 onces, estime la banque française. 
 
Si la production minière stagne ou même recule, le recyclage continue d’amener sur les marchés des volumes toujours plus importants. Pas moins de 260 000 onces de rhodium devraient être ainsi produites en 2013, un chiffre qui devrait rapidement grimper à 300 000 onces. 
 
La consommation de rhodium est dominée par la fabrication de catalyse pour l’industrie automobile qui représente plus de 8% de la demande globale. La chimie et l’industrie du verre arrivent loin avec des parts respectivement de 7,8% et 6,5%. Le recyclage massif des pots catalytiques abaisse sensiblement le montant de la demande nette par l’industrie automobile, 550 000 onces, par rapport à la demande brute, 778 000. Le rhodium est particulièrement indispensable pour la réduction des gaz qui ne sont pas à effet de serre. Les contraintes environnementales soutiennent la demande et ce n’est pas un hasard si le Japon est le premier consommateur de ce platinoïde pour ce type d’application.

 


 
Les cours du rhodium ont été déprimés depuis trois ans par la vente des stocks européens dont l’effet n’a été que partiellement contrebalancé par des achats asiatiques. Le marché est revenu à l’équilibre ce qui devrait entrainer des cours plus élevés. Mais les hausses seront modestes, conclut Robin Bahr, car les flots d’échanges pointent sur une demande modeste. La Société général prévoit un cours de 1200 dollars en 2013.

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